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L' Atelier des photographes du XIX siecle
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15 avril 2018

Cambrai - Cazé

  • Hyppolite CAZE (1825-1890) - Cambrai
  • Début Activité : 
  • Adresse : 17 Rues des Liniers
  • Peintre et Photographe
  • Vend à CALUYER vers 1880

Fils d’un cultivateur, Thomas Hyacinthe Cazé est né le 29 juillet 1825 à Sorel-le-Grand (Somme). Il est possible que sa carrière de photographe à Cambrai (Nord) ait débuté durant les première années 1860. Cazé est lié à la famille Caluyer. A une date inconnue, il épousera Uranie Augustine Courchelle qui était veuve d’Hippolyte Joseph Caluyer père (1821-1852), daguerréotypiste itinérant. En tant que photographe, il utilisera le procédé de photominiature d’Hippolyte Joseph Caluyer fils (1847-1893). Ce dernier lui succèdera après 1884 dans l’atelier du 17, rue des Liniers. Cazé ne s’est pas contenté d’être le principal photographe portraitiste cambraisien du Second Empire, on lui doit aussi des vues et monuments de sa ville. Rentier, il est décédé le 6 avril 1890, deux semaines avant son épouse.

  • Hyppolite Joseph CALUYER - Cambrai (Peintre photographe, décédé le 08 novembre 1893)
  • Début Activité : 1875
  • Adresse : 17 Rue des Liniers puis 11 Rue Porte Robert
  • Sa veuve exploite lui succède quelques temps vers 1895
  • Membre de la SFP (entré en 1879, sorti en 1885) / Membre de la Société d' Emulation de Cambrai entré le 26 Octobre 1887.
  • Vend à Joseph Bastien
  • Joseph BASTIEN (avec Pegot vers 1897)
  • Début Activité : 1889
  • Enseigne : Photographie Caluyer
  • Adresse : 11 Rue Porte Robert / Rue de l' Ecu de France

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DISCOURS NÉCROLOGIQUE PRONONCÉ 

Hippolyte Caluyer, que nous avons la douleur 
d'accompagner aujourd'hui au champ du repos, fut 
membre de la Société d'Emulation et de la Commission 
de l'Ecole de dessin. C'est au nom de ses collègues et 
amis que je vais adresser un suprême adieu au vaillant 
artiste qu'une mort prématurée vient d'arracher à 
l'amour des siens et à l'affection de ses nombreux amis. 

Arrivé encore enfant à Cambrai, il fit d'excellentes 
études à l'institution de M. Bédorez, et se fit bientôt 
remarquer par d'heureuses dispositions pour les arts du 
dessin. Il suivit avec de brillants succès les cours de 
notre école communale,  il puisa les premières notions 
d'un art qu'il devait porter au plus haut degré de 
perfection. Peu après, clans un discours de distribution 
de prix, son professeur, M. Berger, déclarait que ce 
jeune sujet pouvait déjà lutter avec les plus anciens et 
les meilleurs élèves. 

Pendant la guerre de 1870 il fut incorporé dans la 
garde nationale mobilisée de Cambrai, qui, réunie aux 
bataillons du Caleau et d'Avcsnes, forma le 46e 
régiment mobile. Nommé sous-lieutenant, il assista, 
sous le commandement suprême du général Faidherbe, 
aux batailles de Pont-Noyelles, Bapaume et St-Quentin, 
 il fit bravement son devoir.
 
Il travailla ensuite quelques années avec ses parents, 
suivant toutes les expositions pour comparer ses essais 
avec les oeuvres des maîtres, et s'efforçant d'atteindre 
leur perfection. En 1875, il reprit à son compte l'atelier 
de photographie dont la réputation ne cessa de grandir, 
et lui acquit bientôt une grande notoriété et une clientèle 
d'élite. Ses efforts continus, son goût artistique, le soin 
apporté à toutes ses oeuvres le firent connaître et 
apprécier du monde des arts,et à la grande exposition de 
photographie, qui eut lieu en 1886 à Douai, ses collègues 
lui décernèrent au concours la plus haute récompense, 
un diplôme d'honneur. 

Cette supériorité d'exécution, si hautement reconnue, 
le fit choisir pour reproduire par la photographie dans 
un ouvrage de Paléographie musicale publié sous les 
auspices du Ministre des Beaux-Arts, des manuscrits 
très anciens de Plain-Cliant, dont l'état de vestusté et 
les textes frustes à peine visibles rendaient la lecture 
difficile. Il sut cependant faire ressortir ces caractères 
rongés par le temps et mériter les félicitations des 
éditeurs. 

Monsieur d'Havrincourt le chargea ensuite de 
l'illustration d'un grand ouvrage sur L'histoire et la 
généalogie de sa famille. De cette collaboration est sorti 
un livre entièrement remarquable dont nous avons pu 
apprécier le texte érudit et les planches artistiques dans 
le bel exemplaire que M. Caluyer a offert à la 
Bibliothèque de la Société. 

Dans ces dernières années, la chimie fit faire à la 
photographie des progrès rapides ; des méthodes toutes 
nouvelles furent appliquées. Caluyer fit de nombreux 
voyages pour se tenir au courant de la science, et c'est
à la suite d'études nouvelles qu'il employa le procédé dit 
au charbon, le seul durable, qui permet de soustraire 
aux efforts du temps, le souvenir de ceux qui nous sont 
chers. 11 sut vaincre les difficultés sans nombre de cette- 
méthode difficile, et devint un maître en obtenant des 
épreuves d'une vigueur et d'une netteté que les procédés 
ordinaires ne peuvent imiter et qu'aucun de ses 
confrères ne put surpasser. D'ailleurs jamais rien de 
médiocre ne sortit de son atelier. Il tenait avant tout à 
sa réputation d'artiste, et au besoin multipliait les 
clichés jusqu'à complète satisfaction. 

Ses succès à l'Ecole de dessin, la nature de ses 
occupations, ses aspirations artistiques le désignèrent au 
choix de la Municipalité, et au mois de juillet 1882 il fut 
nommé membre de la Commission de l'Ecole de dessin. 
Sa compétence, le zèle qu'il montra dans l'exercice de 
ses fonctions, le dévouement dont il fit preuve, lui 
valurent, à la réorganisation de l'école en novembre 
1890, le titre de délégué de l'inspection de l'ensei- 
gnement du dessin. 

En octobre 1887, la Société d'Emulation fut heureuse 
de posséder parmi ses membres cet artiste de talent. 
Il ne tarda pas à y marquer sa place par sa haute 
compétence dans toutes les questions d'art et son 
empressement a enrichir les Mémoires de magnifiques 
reproductions de monuments de Cambrai, parmi 
lesquels nous noterons particulièrement le jubé et les 
bas-reliefs du choeur de l'Eglise St-Géry. Aussi quand 
il s'agit de la publication de l'ouvrage « Souvenir des 
Fortifications de Cambrai » entreprise sous les auspices 
de la Société, ses collègues n'hésitèrent pas à lui 
en confier l'illustration.
 
Quoique déjà très souffrant, Caluyer se mit cou- 
rageusement à l'oeuvre, et excité peut-être par le 
pressentiment qu'elle devait être le digne couronnement, 
de sa carrière, il s'efforça d'achever ce travail. Tous les 
clichés sont terminés et plus de la moitié sont reproduits 
par la phototypie. La mort est venue le surprendre 
comme son collègue et ami M. Durieux, avant qu'il 
n'ait pu voir le succès de l'oeuvre. Pour lui, je puis 
répéter encore qu'il est mort sur la brèche, mettant au 
service de sa ville d'adoption toutes ses forces, son 
âme entière jusqu'à son dernier souffle. 

Par cette oeuvre, sa mémoire survivra chez nos 
enfants pour lesquels il aura contribué à conserver un 
souvenir durable de la vieille forteresse, appelée en 
grande partie à disparaître. Elle leur rappellera l'état 
actuel des morceaux qui seront conservés et leurs 
abords anciens avant qu'ils ne soient isolés de l'enceinte 
continue. 

Son ardeur au travail, sa constante préoccupation de 
bien faire, affaiblirent sa santé sans le décider à modérer 
ses efforts. Malgré les soins dévoués de la digne 
compagne de sa vie,sa collaboratrice,la mort impitoyable 
est venue l'arracher à la dignité modeste d'un foyer  
il donnait l'exemple de toutes les vertus domestiques 

Vous savez tous combien il était charitable, bon, 
affable, toujours prêt à rendre service. Puisse l'hommage 
rendu à cet homme de bien par les nombreux amis qui 
l'accompagnent aujourd'hui à sa dernière demeure, 
apporter un soulagement à l'immense douleur de son 
épouse et de leur unique enfant. 

Au nom de la Société d'Emulation.

Hippolyte Joseph CALUYER Père (1821-1852)

Daguerréotypiste itinérant
Fils d’un marchand, Hippolyte Joseph Caluyer est né le 13 avril 1821 à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais). Dans les années 1840, il vit à Paris où naîtra, le 16 avril 1847, son fils, prénommé comme lui Hippolyte Joseph, qui sera photographe à Cambrai (Nord). On sait peu de choses de la carrière de daguerréotypiste itinérant du père. Deux daguerréotypes signés de lui ont été conservés et sont visibles sur Internet. L’un est un beau portrait de l’auteur Henrik Tollens (1780-1856) ; l’autre, fait en extérieur, représente un groupe de dix personnes, sans doute une famille. Sur l’étiquette collée au dos, Hippolyte Caluyer précise qu’il est aussi peintre en miniature -sans doute son métier initial- ; qu’il donne des leçons de Daguerre et que la ressemblance de ses portraits est \"infaillible\". Rhétorique habituelle aux diffuseurs du daguerréotype en province. On sait aussi que son nom est associé à Hermann Bückmann(1820-1884), photographe hollandais.

\"Peintre en daguerréotype ambulant\", Hippolyte Joseph Caluyer est décédé le 11 juillet 1852 à Douvrin (Pas-de-Calais) où il était de passage, étant domicilié de fait à Paris. Sa veuve, Uranie Augustine Courchelle, épousera en secondes noces Thomas Hyacinthe Cazé (1825-1890) ; sans doute s’agit-il du H. Cazé, photographe à Cambrai durant les années 1870 dont le successeur sera Hippolyte Joseph Caluyer fils.

 

Hippolyte Joseph CALUYER Fils 

Hippolyte Joseph Caluyer est né le 16 avril 1847 à Paris. il est le fils d’Hippolyte Joseph Caluyer (1821-1852) peintre en miniature et daguerréotypiste itinérant et de Uranie Augustine Courchelle. Le jeune Hippolyte n’a que cinq ans quand son père décède à Douvrin (Pas-de-Calais) où il était de passage. C’est sans doute peu après que sa veuve quitte la capitale et s’installe à Cambrai (Nord). Là, son fils va se faire remarquer à l’école par ses dons pour le dessin. Son père avait pratiqué le daguerréotype ; lui va s’intéresser à la photographie. Durant les années 1870, l’un des photographes cambraisiens qui a pignon sur rue est H. Cazé, sans doute Thomas Hyacinthe Cazé ((1825-1890) qui sera le second mari d’Uranie Courchelle. Au dos de ses photos, Cazé précise que pour ses photos miniatures, il emploie le procédé mis au point par Hippolyte Caluyer. Ce dernier lui aurait succédé après 1882 dans l’atelier situé 11, rue Porte Robert. Photographe de talent et personnalité locale, Hippolyte Joseph Caluyer a été membre de la Société française de photographie de 1879 à 1885 et membre de la Société d’émulation de Cambrai à partir de 1887. Il est décédé le 8 novembre 1893. Sa veuve, née Cléophine Amicie Stella Delacourt (1860-1946), poursuivra l’activité quelque temps avant de céder le fonds de commerce à Joseph Bastien. Comme d’autres photographes madame veuve Caluyer s’intéressait beaucoup au spiritisme. Au début des années vingt, elle vivait à Rambouillet (Yvelines) chez sa fille unique qui avait épousé Charles Bourse, un teinturier dont elle avait eu deux filles. Début novembre 1923, de retour à Rambouillet après quelques jours d’absence, Charles Bourse et sa femme constatèrent que leur fille aînée, Marie-Thérèse, alors âgée de 16 ans, avait disparu. Elle s’était enfuie avec sa grand-mère. En février 1924, Marie-Thérèse Bourse n’ayant toujours pas réintégré le domicile familial, ses parents déposèrent une plainte contre Mme veuve Caluyer pour séquestration de mineure.

source : Portrait Sépia

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3 avril 2011

Lille - Prouzet

  • Albert PROUZET
  • Enseigne : Grande Photographie Populaire
  • Adresse Lille : Angle Place République et Richebé 
  • Succursales : 79 Bis Rue Notre Dame - Lille 
  • Début de l' activité : 1878
  • Adresses successives : 4 rue de roanne à St Etienne, 108 Bd de La Croix Rousse Lyon, Rue Boileau Lyon et Cours du Midi à Lyon.
  • Succursales : 48 Bd Sébastopol Paris de 1880 à 1890, 17 Bd Sébastopol de 1880 à 1892, 125 Rue Montmartre - Paris et 7 Rue Duhamel - Lyon de 1886 à 1898
  • Particularité : 6 Succursales en Province dont Lille . Médaille en 1878 et 1889.

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21 mai 2011

Nantes - Petit Renaud

  • Hippolyte Auguste Petit Renaud - Nantes
  • Début Activité : 1888
  • Enseigne : Photographie du Bon Pasteur
  • Adresse : 19 Rue de Feltre (2eme Etage) 
Hyppolyte Auguste est mon arrière grand père, il est originaire de la haute saone,où il a appris le métier de photographe. Il est venu à nantes à l'occasion d'un congrès photo, il y a rencontré celle qui est devenue sa femme. Ils se sont mariés en 1885 et ils ont crée un studio photo et ouvert un magasin de vente d'appareils photo.
Hyppolyte est mort en 1905, son fils georges a poursuivi ce métier dans cette affaire jusqu'à son décès en 1951 et sa femme a continué l'affaire jusqu'en 1967, le nom de petitrenaud a eu une grande notoriété dans la région nantaise comme photographe. (Source commentaire: Descendance Petitrenaud)

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8 mai 2011

Montelimar - Lang

  • Guillaume LANG - Père (d' Origine Allemande)
  • Début Activite : 1869
  • Adresse : Route de Rochemaure - coté Champs de Mars
  • Succursales : Dieulefit / Valréas / Bourg St Andéol

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  • Antonin LANG - Fils Ainé
  • Début Activite : 1890
  • Adresse Montélimar : Rue Sainte Croix - Face à l' Eglise
  • Adresse Orange : 17 Faubourg Pourtoulesl
  • Succursales : Crest / Valréas / Pont St Esprit / Bollène
  • Succède a son père G. Lang ainsi que son Frère

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  • Louis LANG - Fils Jeune
  • Début Activite : 1900
  • Adresse Montélimar : 8 Avenue de Rochemaure
  • Succursales : Bourg St Andéol
  • Succède a son père G. Lang - Route de Rochemaure

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23 avril 2011

Les Ministres

  • Les Ministres par DISDERI dans les années 1850

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Jules Baroche

baroche.jpgMinistre présidant le Conseil d'Etat le 30 décembre 1852, ministre sans portefeuille le 3 décembre 1860, ministre de la Justice et des Cultes le 23 juin 1863.
Né à Paris le 18 novembre 1802, mort à Jersey le 29 octobre 1870.

Issu d'une famille de petits boutiquiers, mais ayant un oncle notaire, Pierre Jules Baroche, après son baccalauréat obtenu en 1820, travailla comme clerc chez un avoué, puis reprit ses études et devint avocat en 1823. Il acquit peu à peu une certaine notoriété dans des procès commerciaux et financiers et plaida à plusieurs reprises devant la Cour des pairs, en particulier en juillet 1847 comme défenseur du général Cubières, pair de France, ancien ministre, dans la fameuse affaire de corruption où Teste était également impliqué. Il s'était vainement présenté aux élections législatives en 1840, dans la Seine-et-Oise, puis à nouveau en 1842 et 1846. Il réussit enfin, en novembre 1847, avec le soutien de l'opposition dynastique et des radicaux, à conquérir un siège de député dans la Charente-Inférieure. Il s'associa à la lutte finale contre le ministère Guizot et contribua à sa chute.
Rallié sincèrement à la République, il représenta le même département à l'Assemblée constituante de 1848, puis fut réélu en mai 1849. Il y exerça une influence grandissante, prenant de plus en plus souvent la parole, pour soutenir la politique de reprise en main du pays menée par Cavaignac (pour lequel il semble avoir voté lors de l'élection présidentielle) puis par Odilon Barrot. Parallèlement nommé, en décembre 1848, procureur général près la cour d'appel de Paris, il seconda le gouvernement dans l'épuration de la magistrature et dans la lutte contre l'agitation montagnarde, requérant notamment dans des procès de presse, et en Haute Cour contre les accusés des journées du 15 mai 1848 et du 13 juin 1849. Il poursuivit son oeuvre de répression politique au ministère de l'Intérieur, qu'il occupa du 15 mars 1850 au 24 janvier 1851. Choisi pour sa fermeté et ses talents oratoires, il défendit devant l'Assemblée tous les projets restrictifs des libertés de presse, de réunion et d'association votés à cette époque, ainsi que la loi du 31 mai 1850 restreignant le suffrage universel (à l'élaboration de laquelle il avait d'ailleurs peu participé). Dévoué au Prince-président dans lequel il voyait un principe d'autorité et un rempart contre la subversion sociale, il le soutint contre les attaques de la majorité, tout en souhaitant une réconciliation entre eux (il tenta notamment d'empêcher la destitution de Changarnier mais s'y résigna finalement). Ecarté du ministère pendant les premiers mois de 1851, il revint au gouvernement le 10 avril, comme ministre des Affaires étrangères, mais dut démissionner le 14 octobre. Il était en effet, en désaccord avec Louis-Napoléon qui était décidé à abroger la loi du 31 mai, dont Baroche avait déclaré : "c'est le drapeau du gouvernement dont j'ai l'honneur de faire partie".
Il ne participa pas au coup d'Etat mais s'y rallia et contribua à la rédaction de la Constitution du 14 janvier 1852. Vice-président de la Commission consultative, puis du Conseil d'Etat (dont le président de la République était le président), il en devint le président le 30 décembre 1852, après le rétablissement de l'Empire. A ce poste, où il resta plus de dix ans, il jouait un rôle déterminant dans le processus d'élaboration des lois, en raison des attributions de ce corps sous le second Empire (rédaction des projets ; examen en dernier ressort des amendements proposés par les députés ; défense, au nom des ministres, des projets et de la politique du gouvernement devant les deux Assemblées), et aussi du fait qu'il siégeait au Conseil des ministres. Il était le principal orateur du gouvernement pendant tout l'Empire autoritaire. Pinard disait de lui un peu plus tard : "De telles situations, occupées avec éclat pendant une longue période, donnaient à M. Baroche une grande influence. Au Conseil (des ministres), il était très écouté ; à la tribune, il discutait avec clarté et avec ampleur, toujours maître de lui et n'irritant jamais. Sa puissance dans les débats publics était plutôt le raisonnement que l'éloquence. On peut ajouter que la modération de son esprit ajoutait à l'autorité de sa parole. Il aimait à entretenir avec tous des relations affables et à aider quiconque s'adressait à lui. S'il rencontrait des adversaires sur le terrain politique, il n'y trouvait pas d'ennemis." Il menait enfin le Conseil d'Etat avec autorité et fermeté, y faisant toujours triompher ses vues. Plus qu'un homme d'Etat, toutefois, Baroche était un avocat d'affaires plaidant la cause du gouvernement avec, selon l'ambassadeur d'Autriche, "une rare facilité à s'emparer des matières les plus hétérogènes, de les étudier et de les approfondir", et sachant convaincre, en professionnel talentueux et efficace. En 1860, face au développement d'une double opposition, et s'engageant dans une évolution libérale du régime (vote d'une adresse en particulier), Napoléon III étoffa la représentation gouvernementale devant les deux Assemblées en nommant trois ministres sans portefeuille. Baroche, à partir du 3 décembre, porta ce titre tout restant président du Conseil d'Etat ; mais il passa au second rang dans les débats législatifs, derrière Billault, plus apte que lui aux grandes luttes politiques. Lors du remaniement du 23 juin 1863, il devint à contrecoeur, ministre de la Justice et des Cultes ; et le 20 octobre, il entra au Sénat (auquel il n'avait pu être nommé jusque-là pour cause d'incompatibilité avec ses fonctions au Conseil d'Etat). Ces nominations apparurent aux contemporains comme une demi-retraite ; son épouse nota d'ailleurs dans son journal : "M. Baroche va se reposer au ministère de la Justice (...) de la mission brillante mais lourde qu'il remplissait depuis douze ans devant les Chambres et au Conseil d'Etat." Pendant six ans pourtant, il y accomplit une oeuvre importante. Il prit ses fonctions à un moment où les relations entre la France et le Saint-Siège, donc entre l'Empire et le clergé, étaient fortement assombries, au lendemain de l'unité italienne, par la question de l'intégrité de l'Etat pontifical. Catholique sincère, mais favorable à la liberté de conscience et à la soumission de l'Eglise à l'autorité de l'Etat, il mena une politique de stricte application du Concordat et des articles organiques. Nommant systématiquement des évêques gallicans et "amis de l'Empereur", il s'opposa à la publication de l'encyclique Quanta Cura et du Syllabus qui condamnaient les principes de 1789, à l'extension de la liturgie romaine dans le diocèse de Lyon, et protégea les évêques des empiètements de Rome. Ferme quant au fond, mais disposé aux ménagements dans la forme et aux bonnes manières dans les questions de détail, il atteignit à peu près le but qu'il s'était fixé : "Je croirais avoir bien mérité de l'Eglise, du pays et de l'Empereur, si je pouvais contribuer à un rapprochement que l'ignorance, les malentendus et les passions étroites peuvent seuls empêcher ou retarder." Mais s'il sut reconquérir les sympathies du haut clergé, il ne put empêcher le développement de l'ultramontanisme dans le bas clergé ni dans l'opinion catholique ; et il fut souvent en conflit avec le pape. Plutôt favorable aux protestants libéraux, mais en contradiction sur ce point avec ses collègues du gouvernement appartenant à la religion réformée, il maintint à peu près la neutralité de l'Etat dans leur conflit avec les protestants orthodoxes. Quoique convaincu que la rigueur des lois n'était plus aussi nécessaire qu'au lendemain de la révolution de 1848, il était hostile à l'octroi de libertés politiques plus larges ; mais vouant à l'Empereur une admiration et une confiance totales, il se résigna à l'évolution libérale voulue par celui-ci. Il en était de même pour les réformes judiciaires, dans lesquelles il voyait cependant un dérivatif aux revendications politiques. A partir de 1867, il reparut devant le Corps législatif, en raison d'une réforme constitutionnelle qui permettait de nouveau à certains ministres de défendre eux-mêmes leur politique. Ainsi il fut, une fois encore, plus l’exécutant ou l'avocat que l'initiateur des importantes lois qui ont marqué son ministère en autorisant les coalitions, permettant la liberté provisoire avec ou sans caution, même en matière criminelle, supprimant la contrainte par corps, libérant la presse, et rétablissant dans une certaine mesure le droit de réunion. En raison de l'agitation croissante, à laquelle il lui appartenait de faire face comme ministre de la Justice (par exemple dans l'affaire Baudin), sa popularité fut entamée et, après les élections de 1869, il fut sacrifié, comme Rouher : Napoléon III l'écarta du ministère lors du remaniement du 17 juillet. Celui-ci songea à lui pour la présidence du Sénat, rendue vacante par la mort de Troplong, comme il l'avait fait en 1865, à la mort de Morny, pour la présidence du Corps législatif. Mais il lui préféra finalement Rouher. C'est donc comme simple sénateur, resté cependant membre du Conseil privé, qu'il prit la parole à plusieurs reprises au cours de l'année 1870, d'abord résigné à l'expérience du ministère Ollivier puis, après le plébiscite, impatient de sa chute et d'un retour des vrais fidèles au pouvoir. Il ne survécut pas à la chute de l'Empire.

Francis Choisel in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard, Fayard.


Le duc de Morny

morny1.JPGMinistre de l'Intérieur du 2 décembre 1851 au 22 janvier 1852.
Né à Saint-Maurice (Suisse) le 17 septembre 1811, mort à Paris le 10 mars 1865. (Sa naissance fut déclarée le 22 octobre 1811 à Paris sous le nom de Demorny. Il prit lui-même l'appellation de comte de Morny en 1832 et fut fait duc par Napoléon III en 1862).

Fils naturel de la reine Hortense et du général comte de Flahaut, Charles Auguste de Morny était le demi-frère de Napoléon III par sa mère et le petit-fils de Talleyrand par son père. Député en 1842, à l'âge de 31 ans, il soutint Guizot jusqu'à sa chute puis, ayant fait la connaissance de Louis-Napoléon en 1849, il y attacha sa fortune. Etant l'un des principaux instigateurs et organisateurs du coup d'Etat, il vint prendre possession du ministère de l'Intérieur le 2 décembre au matin, seul et tranquillement, après avoir passé la soirée à l'Opéra et la nuit au Jockey-Club. Responsable du maintien de l'ordre pendant ces journées décisives, en liaison avec le préfet de police et avec le ministre de la Guerre, il exerça ses fonctions sans se départir de son humour désinvolte, et surveilla le déroulement du complot avec le plus parfait sang-froid. Cynique et sans scrupule, intraitable avec les chefs de la gauche, brutal avec l'agitation de la rue, il peut être tenu pour le principal responsable du sang qui coula en cette occasion et qui aurait pu être épargné, ainsi que de la dureté des mesures d'exception qui permirent la répression en province dans les semaines qui suivirent. En revanche, tout en s'assurant dans un premier temps de la personne des principaux chefs du parti de l'Ordre, il les ménagea autant que possible et les relâcha rapidement, préparant ainsi le ralliement de la plupart d'entre eux au nouveau régime, à l'occasion du plébiscite. Dans le même but, il propagea une interprétation conservatrice du coup d'Etat, pourtant réalisé contre l'Assemblée monarchiste, en développant la thèse du "péril rouge" et de la "jacquerie" : "Monsieur le Préfet, vous venez de traverser quelques jours d'épreuve : vous venez de soutenir en 1851 la guerre sociale qui devait éclater en 1852. Vous avez dû la reconnaître à son caractère d'incendie et d'assassinat. Si vous avez triomphé des ennemis de la société, c'est qu'ils ont été pris à l'improviste et que vous avez été secondé par les honnêtes gens." En vue du plébiscite, il demanda à l'Administration de peser de tout son poids sur l'opinion : "Dans le combat qui commencera bientôt, l'appareil de l'Etat ne peut pas rester impartial et inactif. Les fonctionnaires qui le représentent doivent déployer toute leur énergie pour prouver la supériorité de ses conceptions politiques." C'est dans le même esprit qu'il s'engagea dans la préparation des élections législatives, inaugurant le système des "candidatures officielles". Il s'attacha à faire désigner au Corps législatif des hommes "entourés de l'estime publique", ayant "fait fortune par le travail, l'industrie ou l'agriculture", "amélioré le sort des ouvriers" et "fait un noble usage de son bien", plutôt que des hommes politiques issus des anciens partis. Mais il n'eut pas le temps de mener à terme cette action, ayant démissionné, comme plusieurs de ses collègues, pour protester contre la nationalisation, par Louis-Napoléon, des biens de la famille d'Orléans. Celui-ci n'en fut pas mécontent, car il commençait à trouver un peu encombrant son demi-frère, qui avait de plus en plus tendance à se comporter comme son mentor, ne cachait plus sa parenté avec lui et tentait même de lui arracher sa légitimation. Sa disgrâce ne dura guère. Réélu dans le Puy-de-Dôme, il ne tarda pas à devenir président du Corps législatif (1854) où il se fit l'artisan d'une évolution sagement libérale du régime, tout en menant la vie qui avait toujours été la sienne, celle d'un homme d'affaires avisé, frivole et mondain, ne reculant pas devant les opérations financières douteuses. Tel il mourut en 1865.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.


Eugène Rouher

rouher3.jpgMinistre de la Justice du 31 octobre 1849 au 24 janvier 1851, du 10 avril au 26 octobre 1851 et du 3 décembre 1851 au 22 janvier 1852. Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics du 3 février 1855 au 23 juin 1863 (avec l'intérim de l'Algérie et des Colonies du 7 au 24 mars 1859). Ministre présidant le Conseil d'Etat du 23 juin au 18 octobre 1863. Ministre d'Etat du 18 octobre 1863 au 17 juillet 1869 (avec le portefeuille des Finances du 20 janvier au 13 novembre 1867).
Né à Riom (Puy-de-Dôme) le 30 novembre 1814, mort à Paris le 3 février 1884.

Petit-fils de notaire, fils d'avoué, Eugène Rouher après un passage, comme boursier, à l'Ecole navale, s'orienta vers des études de droit et devint un des avocats d'affaires les plus réputés de Riom. Il échoua, comme candidat guizotin, aux élections législatives de 1846, mais fut élu deux ans plus tard à l'Assemblée constituante, comme républicain du lendemain, avec une profession de foi dans le ton du jour, mais contre la liste des républicains de la veille. Il appuya la politique conservatrice, vota en décembre pour Cavaignac et fut réélu en 1849 sur la liste du parti de l'Ordre. Rapidement rallié à la politique de l'Elysée, probablement recommandé à Louis-Napoléon par Morny, son collègue du Puy-de-Dôme, il reçut le portefeuille de la Justice le 31 octobre 1849, et, jusqu'à l'arrivée de Baroche, fut l'orateur principal du ministère. Il avait alors 35 ans. Il défendit avec vigueur et conviction la politique de reprise en main du pays après la tourmente révolutionnaire, et y participa en utilisant les procureurs pour obtenir d'eux des rapports mensuels sur "la situation morale et politique du département", qui devaient l'informer en particulier sur "les menées sourdes ou apparentes des partis" ; en ordonnant de nombreuses poursuites contre la presse montagnarde ; en faisant voter la loi de juillet 1850 sur la presse, dirigée contre "ces mauvais imprimés que l'on répand à bas prix dans les villes et dans les campagnes où ils propagent les préjugés, entretiennent les erreurs, excitent les passions et corrompent la conscience publique" ; en organisant la déportation pour les prisonniers politiques (en remplacement de la peine de mort, abolie en 1848 pour ce type de délits). Et il fit scandale lorsqu'il dévoila à la tribune le fond de sa pensée en s'exclamant : "ce grand ébranlement social produit par le 24 février (...) que je considérerai toujours, moi, comme une véritable catastrophe". Lorsque le Président et l'Assemblée furent en conflit ouvert, il répugna à rompre avec le parti de l'Ordre. Renversé le 19 janvier 1851, il retrouva son portefeuille le 10 avril mais l'abandonna le 26 octobre : il resta étranger au coup d'Etat, dans lequel il ne souhaitait pas se compromettre. Le 2 décembre, il alla même jusqu'à dégager complètement sa responsabilité en écrivant au directeur de l'Imprimerie nationale : "J'apprends par voie indirecte que des documents portant ma signature sont transmis pour être envoyés en province. Je suis entièrement étranger à ces actes et vous prie de ne pas y maintenir ma signature." On a d'ailleurs dit de lui plus tard qu'il "n'était pas de nature aventureuse, ni héroïque ; il savait profiter des audaces, non courir des risques". Il fut néanmoins nommé une nouvelle fois au ministère de la Justice, le lendemain, et accepta. Il participa alors à la répression en déférant les agitateurs aux tribunaux, en révoquant de nombreux juges de paix ; et il eut une part essentielle dans la rédaction de la Constitution de janvier 1852. Mais la confiscation des biens de la famille d'Orléans entraîna sa démission. Sa carrière se poursuivit alors au Conseil d'Etat dont il devint vice-président lorsque Baroche en fut nommé président. A la tête de la section de législation, de la Justice et des Affaires étrangères, il continua à avoir une influence importante dans la rédaction des projets judiciaires et dans leur défense au Corps législatif.
En 1855 s'ouvrit une nouvelle phase de sa vie politique : pendant huit ans, il allait, au ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, avoir en charge l'économie française, conjointement avec le ministère des Finances. Il avoua par la suite : "Je n'étais point arrivé au ministère du Commerce avec des idées préconçues ; j'étais étranger aux matières auxquelles j'allais me consacrer. (...) Je n'ai point étudié les questions économiques dans les livres de théories." Mais, s'il était novice en ces matières, c'était un homme de dossiers, disposant d'une énorme puissance de travail, ce qui lui permit de devenir rapidement un des plus remarquables ministres "techniciens" du second Empire et d'accomplir une oeuvre grande et durable.
Il s'attacha dans tous les domaines à développer la prospérité, à favoriser les nouveautés et le progrès. Son passage au ministère fut marqué par une loi encourageant le drainage, par l'assainissement de la Brenne, des Dombes, de la Sologne, par le boisement des Landes, par de nombreux travaux d'endiguement des fleuves et des cours d'eau (après les inondations de 1856), par des travaux dans les ports, par la création d'assurances mutuelles contre la grêle et la mortalité du bétail. Il contribua au remarquable essor des chemins de fer, commencé depuis le début du règne, veillant avec une attention scrupuleuse aux intérêts du contribuable et à ceux des usagers ; c'est sous son administration que furent signées les conventions de 1857 qui répartissaient le réseau français entre six compagnies. Convaincu des vertus de la liberté économique et de la concurrence, il s'attacha à alléger la tutelle de l'Etat sur les sociétés anonymes en créant le S.A.R.L., décréta la liberté d ela boulangerie et, surtout, mena une politique commerciale résolument libre-échangiste, dont il resta jusqu'à la fin de sa vie l'avocat convaincu et zélé : il commença par supprimer progressivement les prohibitions, notamment pour l'entrée des matières premières, suspendu puis supprima l'échelle mobile sur les céréales, élargit le système des admissions temporaires, et fut le principal négociateur du traité de commerce de 1860 avec la Grande-Bretagne, dont MM. Chevalier et Cobden avaient eu l'initiative, et qui, préparé dans le plus grand secret, fut qualifié par les protectionnistes de "coup d'Etat douanier" ; il le compléta par des conventions douanières avec la Belgique, le Zollverein, l'Italie.
Napoléon III songea autour de 1860 à lui confier de nouvelles responsabilités. Il le fit entrer au conseil privé, lui proposa en novembre 1860 un poste de ministre sans portefeuille puis, en octobre 1862, le ministère de l'Intérieur. Rouher préféra rester au ministère des Travaux publics mais accepta finalement, dans le remaniement de 1863, la présidence du Conseil d'Etat puis, à la mort de Billault, quelques mois plus tard, le ministère d'Etat. Il eut alors en charge la défense au Corps législatif de l'ensemble de la politique gouvernementale. Il déploya dans ces fonctions tout son talent d'avocat. Les contemporains le décrivent comme "légèrement gêné par un reste de prononciation d'Auvergne" mais "orateur de premier ordre". "Excellant à résumer d'une vigoureuse synthèse l'opinion de ses adversaires", "flattant la majorité (bonapartiste) à son endroit sensible, en se collant à elle, en lui prouvant qu'elle était perdue si elle le perdait", "ayant une largeur d'aperçus, une sûreté de connaissance, une vigueur méthodique, une aisance puissante, une clarté d'exposition et une force de démonstration qui ont été rarement égalées", "il s'entendait admirablement à enlever le vote de la majorité par un de ces mouvements d'éloquence dont il a le secret". Ce qu'un homme de la rue résumait ainsi : "Il n'y en a pas un à la Chambre pour lui fermer le bec. Il a de la poigne et de la gueule et il les tient tous dans sa main."
Ses fonctions, comme son talent, l'amenèrent à prendre peu à peu de l'ascendant sur les autres ministres. Censé défendre leur politique, il s'imposa d'abord comme leur conseiller puis comme un véritable Premier ministre les dirigeant, disposant de la confiance totale de l'Empereur, et exprimant sa pensée. Il plaça des hommes à lui aux rouages importants de l'Etat et dans certains journaux, se constituant ainsi une clientèle et une presse fidèles. On parla alors à son sujet de "vice-empereur", de "grand vizir" ou de "rouhernement". Pendant six ans il personnifia la politique impériale. En matière internationale, il était dans le secret des combinaisons de Napoléon III ; partisan de la politique des nationalités, peu attaché au pouvoir temporel du pape en Italie, voyant sans crainte la croissance de la Prusse en Allemagne, il était fermement attaché à la paix, souhaitait le désarmement et la réduction des crédits militaires, et conseillait en toute occasion les attitudes de conciliation. A l'intérieur, de tempérament autoritaire, il freinait les réformes libérales engagées par Napoléon III. En janvier 1867, il ne put empêcher l'annonce de nouvelles libertés, qu'il avait déconseillées, et auxquelles il continua à s'opposer ; mais, en dépit d'une manoeuvre de Walewski et des partisans de l'évolution, il resta à son poste et reçut même en sus le portefeuille des Finances (Fould, malade, avait démissionné et ne voulait pas que son vieil adversaire, Magne, lui succédât). La double charge étant trop lourde, Rouher abandonna d'ailleurs ce portefeuille quelques mois plus tard. Concentrant toutes les attaques sur sa personne à une époque difficile pour l'Empire (surtout après 1867), il devint la cible de la presse et dut déployer des efforts de plus en plus grands face à un Corps législatif de plus en plus remuant, et sur lequel Thiers, réapparu en 1863, lui disputait l'ascendant (oppositions à l'expédition du Mexique, à la politique italienne, à la loi Niel, au libre-échange, critiques des autoritaires contre les concessions libérales, des libéraux sur la lenteur des réformes, attaques contre la faiblesse face à la politique prussienne, etc.). "Rouher est un avocat fort habile, disait le prince Napoléon, mais ce n'est pas un homme d'Etat. Toute son attention se concentre sur les moyens d'atténuer les difficultés. On vit ainsi au jour le jour." Et Persigny : "Tout le péril vient de deux hommes (Rouher et Baroche) qui personnifient l'impopularité dont le gouvernement de Napoléon III est frappé aux yeux d'une partie du public, dont le public est fatigué, ennuyé, presque honteux, de deux hommes (...) qui représentent précisément le système mesquin, bourgeois, de petites roueries (certains disaient rouheries), de petits expédients sans foi, sans conviction, sans moralité, sans grandeur, qui caractérisait le gouvernement de Louis-Philippe." Déjà, lorsqu'il était avocat à Riom, on avait pu dire : "Certains prétendent qu'il supplée à une notable insuffisance dans l'argumentation proprement juridique par des talents de procédurier et par l'art de la dissertation." Ceux qui l'accusaient de s'accrocher au pouvoir ajoutaient : "Qu'il prenne garde d'être le Guizot de la situation."
Les élections de 1869 furent pour lui un échec, en ce qu'elles confirmaient la nécessité d'une évolution libérale. Après avoir lu le message de Napoléon III du 12 juillet annonçant un nouveau pas dans la voie des réformes, il démissionna, déclarant en conseil : "Je suis fatigué, écoeuré des attaques, des injures dont je suis accablé depuis longtemps. Il y a six ans que je suis sur la brèche ; il faut que je m'éloigne ; sans cela on dira encore que je veux escamoter le message comme j'ai escamoté la lettre impériale du 19 janvier 1867." Nommé aussitôt président du Sénat, il garda un rôle de premier plan mais affecta de ne pas gêner la tâche de ses successeurs.
Après la chute de l'Empire, étant rentré à l'Assemblée nationale en 1872, il fut jusqu'en 1881 le véritable chef du groupe parlementaire bonapartiste, plaidant à chaque occasion la cause de l'Empire déchu et vilipendé, et travaillant sans relâche à une restauration impériale. Il reconquit là l'estime de ceux-mêmes qui, parmi les bonapartistes, l'avaient critiqué quand il était tout-puissant, tel Maupas : "Autant la critique est permise sur les actes de l'ancien ministre d'Etat, pendant son passage aux affaires, autant le respect se commande pour le sujet fidèle qui consacrait à ses souverains déchus jusqu'aux derniers restes de ses forces, jusqu'aux dernières heures de sa vie."

Francis Choisel in Le dictionnaire des ministres, Perrin, dir. B. Yvert.


Le comte Colonna Walewski

walewski4.jpgFils de Napoléon Ier et de Marie Laczynska, Florian Alexandre Joseph Colonna Walewski naît au château de Walewice (Pologne) le 4 mai 1810. Le comte Athanase Walewski, époux de Marie et staroste de Wareck reconnaît l'enfant par patriotisme et par souci de préserver les apparences. Néanmoins dès le 5 mai 1812 l'Empereur confère à Alexandre le titre de comte et constitue en sa faveur un majorat destiné à le mettre à l'abri du besoin. Après annulation de son mariage, Marie vient vivre avec son fils à Paris puis épouse en 1816 le comte Philippe Antoine d'Ornano. De cette seconde union naît Rodolphe d'Ornano. En décembre 1817, Alexandre perd sa mère. Un oncle qui a servi comme lieutenant-colonel dans les armées impériales devient son tuteur.
Successivement élève des Jésuites de Varsovie, d'une institution genevoise puis de l'Université de Varsovie, le jeune comte est soumis à une étroite surveillance par l'occupant russe. En 1827, il parvient à tromper la vigilance de la police et vient s'installer en France. Si le gouvernement Villèle est fort embarrassé par le fils de "l'usurpateur", il a le courage de refuser son extradition. Alexandre fréquente avec assiduité les salons. En 1828, il est l'un des premiers adhérents du Cercle de l'Union. En décembre 1830, il est chargé par Sébastiani, ministre des Affaires étrangères de Louis-Philippe d'une mission secrète auprès des insurgés polonais. Arrêté en Prusse, il parvient à s'échapper et s'acquitte de sa tâche. Il s'engage ensuite dans l'armée polonaise et ne tarde pas à être nommé capitaine et aide de camp du généralissime. Il reçoit la croix d'officier de l'ordre militaire de Pologne sur le champ de bataille de Grochow. Le gouvernement insurrectionnel l'envoie en mission en Angleterre. Après l'échec du soulèvement, Alexandre est de retour à Paris en 1832. Membre-fondateur du Jockey-Club en 1832, il joue beaucoup et monte fréquemment dans les steeple-chases. En août 1833, il entre au service de la France avec confirmation de son grade de capitaine et obtient la nationalité française en décembre. Il part pour l'Algérie, accomplit une mission auprès d'Abd-el-Kader et dirige pendant quelque temps le bureau des affaires arabes à Oran. Il est placé en inactivité en novembre 1837 puis finit par démissionner de l'armée en février 1841. Il s'essaie comme auteur dramatique mais sa pièce L'Ecole du monde ou la coquette sans le savoir jouée au Théatre-Français en janvier 1840 n'obtient pas beaucoup de succès. Il se lance également en politique. Il achète le Messager des Chambres et publie quelques brochures.
Devenu l'ami de Thiers, il s'oriente finalement sous son influence vers la diplomatie. Il accomplit quelques missions, en particulier auprès de Méhémet Ali avant d'être nommé ministre de France à Florence en mars 1846. Il est envoyé à la légation de Buenos-Aires en février 1847 e treste à ce poste jusqu'en septembre. La révolution de 1848 éclate alors qu'il vient d'être désigné comme ministre de France à Copenhague. Il ne peut finalement occuper ce poste. Il doit attendre l'accession à la présidence de la République de Louis Napoléon Bonaparte qu'il a rencontré à Londres dès 1831 pour se voir proposer un nouvel emploi. Il est envoyé à Florence en janvier 1849. Il passe à Naples en avril 1850 puis à Londres en juin 1851. Dans ce dernier poste, il fait merveille. Il obtient la reconnaissance de l'Empire par le gouvernement anglais et contribue beaucoup au rapprochement des deux monarchies. Celui-ci trouve sa concrétisation dans la participation commune à la guerre d'Orient et dans les visites de Napoléon III à Londres puis de Victoria à Paris en 1855. Le 26 avril de cette même année, Walewski est nommé sénateur. Il devient ministre des Affaires étrangères le 6 mai suivant. Il préside en cette qualité le Congrès de Paris qui met fin à la guerre de Crimée et signe le traité du 30 mars 1856. Il se montre par la suite très favorable aux intérêts catholiques. La politique de Napoléon III en Italie rend vite sa position intenable et il quitte le ministère le 28 décembre 1859. Il entre au Conseil privé et ne tarde pas à retrouver un portefeuille au gouvernement. En novembre 1860, il reçoit en effet le ministère d'Etat. Parmi ses nombreuses attributions, il se distingue surtout à la tête des Beaux-Arts (début de la construction du nouvel Opéra, préparation de la loi sur la propriété artistique et littéraire, acquisition de la collection Campana par le Louvre,...). Il abandonne ses fonctions en juin 1863.
Après le décès du duc de Morny, l'Empereur songe à lui pour le fauteuil de président du Corps législatif. Comme Morny, Walewski a joué en effet un grand rôle dans toutes les mesures de libéralisation du régime depuis 1860. Il pourrait donc continuer la politique initiée par le duc. Après avoir avancé son inexpérience des luttes parlementaires et s'être fait prier, Walewski se laisse fléchir mais il faut lui trouver une circonscription. En mars 1858, l'Empereur lui a fait don du domaine des marais d'Orx dans les Landes. Le comte y a pratiqué de grands travaux de dessèchement et d'assainissement , est entré au conseil général en mai 1861 et en est devenu immédiatement le président. Même s'il n'a honoré qu'une fois de sa présence ce conseil, il devient rapidement clair que c'est dans les Landes qu'il doit se présenter à la députation. En juillet 1865, Corta, député de la deuxième circonscription de ce département accepte de céder son siège contre une place au Sénat. Walewski a une telle confiance dans l'issue du scrutin qu'il ne mène aucune campagne. "Mon nom et ma position me dispensent de profession de foi et de programme". Il préfère aller prendre les eaux en Allemagne. De fait, il est élu le 29 août sans aucune opposition. Avant même la validation de son élection, il est nommé président du Corps législatif par Napoléon III, le 1er septembre. Sa politique libérale (le Corps législatif lui doit le rétablissement de la tribune) rallie certains membres de l'opposition que l'on voit désormais dîner à l'hôtel de Lassay. En revanche, Walewski ne parvient pas à diriger fermement les débats. Au cours de la séance du 18 mars 1867, il ne peut éviter de très vifs échanges entre l'opposition menée par Favre et Thiers d'une part et Rouher d'autre part. Au plus fort du tumulte, ce dernier se tourne vers Walewski et lui lance : "Mais présidez, nom de D..., ou venez à la tribune défendre le gouvernement si vous en êtes capable." Désavoué par Napoléon III, le président démissionne le 29 mars. Lorsqu'il annonce à ses collègues : "Dans un intérêt d'union et de concorde, j'ai cru devoir renoncer à l'honneur de vous présider", une grande partie de la gauche vient lui serrer la main. Il retrouve son siège au Sénat dès le 2 avril. En février 1868, il est élu membre libre de l'Académie des Beaux-Arts. Au retour d'un voyage en Allemagne, il meurt d'une crise cardiaque, le 27 septembre 1868, dans un hôtel de Strasbourg. Ses obsèques ont lieu aux frais de la liste civile de l'Empereur et, par une cruelle ironie, Rouher tient l'un des cordons du poële. Grand-croix de la Légion d'honneur du 31 mars 1856, au lendemain de la signature du traité de Paris, le comte Walewski avait également reçu les plus hautes distinctions des principaux ordres européens. Il s'était marié en 1831 avec lady Catherine Montague, fille du comte de Sandwich. Après le décès de sa femme en 1834, il avait entretenu une liaison de trois ans avec la tragédienne Rachel avant de se remarier en 1846 avec Marie-Anne de Ricci, apparentée aux Poniatowski. Cette seconde épouse a été la maîtresse de Napoléon III.

E. Anceau in Dictionnaire des députés du Second Empire, P.U.R., 1999.


Le maréchal comte Randon

randon2.JPGLe maréchal comte Randon est né le 25 mars 1795 à Grenoble et décédé le 15 janvier 1871 à Genève.

Randon est issu d'une famille protestante originaire de l'Hérault. Il a pour oncles le révolutionnaire Barnave et le général d'Empire Marchand. Elève d'un lycée de Grenoble, il vit ses moments de liberté chez son oncle le général, à Saint-Ismier où il pratique l'équitation.
Engagé à 16 ans, il rejoint son oncle à Varsovie et est nommé sergent le 11 avril 1812. Participant à la campagne de Russie, sa conduite à la Moskowa lui vaut son épaulette de sous-lieutenant. Il vit les souffrances de la retraite et fait la campagne de 1813. Blessé deux fois à Lützen, il combat néanmoins à Bautzen, puis à Leipzig en qualité d'aide de camp de son oncle. En 1814, Il suit Marchand sur la frontière des Alpes pour défendre la Savoie et le Dauphiné.
Après la première abdication de Napoléon Ier, Marchand, rallié aux Bourbons, est maintenu dans son commandement de la 7e division militaire et conserve son neveu pour aide de camp.
Lors du vol de l'Aigle, Randon est dépêché à Laffrey pour veiller à ce que les troupes chargées d'arrêter la progression de Napoléon accomplissent leur mission. Il incite en vain le commandant du 5e de ligne à ouvrir le feu et est pourchassé par les cavaliers de l'Empereur. L'Empire rétabli, il s'y rallie avec son oncle Marchand. Après les Cent-Jours, son avancement est stoppé. Il doit attendre la monarchie de Juillet pour poursuivre sa progression dans la hiérarchie militaire.
Il passe en Algérie de 1838 à 1847. Dès qu'il est chef de corps, il montre ses aptitudes d'administrateur et est rapidement nommé maréchal de camp. Lieutenant-général en 1847, en 1848, il est promu directeur des Affaires de l'Algérie au ministère de la Guerre. Il occupe encore différents commandements en France et le 24 janvier 1851 il succède à Regnaud de Saint-Jean d'Angély au ministère de la Guerre. Refusant de participer au coup d'Etat du 2 décembre 1851, il est remplacé par Saint-Arnaud lors du changement de ministère, le 26 octobre 1851. Néanmoins, le prince président l'estime beaucoup et lui confie le poste de gouverneur général de l'Algérie au grand désappointement de Pélissier.
En 1852, Randon reçoit l'investiture du titre de comte de son oncle le général Marchand mort sans postérité. Il est aussi nommé sénateur et en 1856 élevé au maréchalat en même temps que Bosquet et Canrobert. En 1859, il remplace Vaillant au ministère de la Guerre et, en conflit avec l'Empereur quant à l'augmentation des effectifs de l'armée, il est lui-même remplacé par Niel en 1867. La même année, il abjure le protestantisme et se convertit au catholicisme.
En 1870, Randon est gravement malade. Il fait une cure à Evian, puis obtient l'autorisation de poursuivre ses soins à Genève. Miné par les tourments que lui causent les désastres militaires de l'armée et l'effondrement de l'Empire, il s'éteint le 13 janvier 1871. Une cérémonie funèbre a lieu à Genève le 17 janvier et le 11 octobre 1871, le corps arrive à Saint-Ismier. Les funérailles ont lieu le lendemain. Mac Mahon y représente le gouvernement.

Ronald Zins, Les Maréchaux de Napoléon III, Horvath, 1997.


Le marquis de Chasseloup-Laubat

chasseloupLaubat3.jpgMinistre de l'Algérie et des Colonies le 24 mars 1859, ministre de la Marine et des Colonies le 24 novembre 1860, ministre présidant le Conseil d'Etat le 17 juillet 1869.
Né à Alexandrie (Italie) le 29 mars 1805, mort à Paris le 29 mars 1873.

D'une vieille famille de la noblesse saintongeaise, benjamin des quatre enfants du général François de Chasseloup-Laubat (1754-1833), comte et sénateur sous l'Empire, pair de France et marquis sous la Restauration, grand-croix de la Légion d'honneur et commandeur de Saint-Louis, Napoléon Samuel Prosper est le filleul de Napoléon Ier et de Joséphine. Il étudie au lycée Louis-le-Grand puis entre comme auditeur au Conseil d'Etat en 1828. Capitaine de la garde nationale et aide de camp du général La Fayette lors de la révolution de 1830, il reprend vite sa place au Conseil d'Etat et passe maître des requêtes en novembre. En 1836, il accomplit une mission en Algérie puis est nommé conseiller d'Etat en 1838. Par ailleurs, il préside le conseil d'administration de la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest et joue un grand rôle dans la construction du Paris-Cherbourg. Elu député de la Charente-Inférieure en septembre 1837, il est réélu successivement en novembre de la même année, en 1839, en 1842 et en 1846. Il siège au centre gauche, mais soutient souvent la politique de Guizot. Il est donc rapidement surnommé "le papillon de la Chambre". Membre du conseil général de la Charente-Inférieure à partir de 1838, il occupe sept fois la présidence de ce conseil entre 1839 et 1850. La révolution de 1848 l'écarte de la Chambre. Il combat les émeutiers de juin dans les rangs de la garde nationale puis fait sa rentrée politique en 1849, à l'occasion des élections à la Législative. Elu par son département, il siège dans les rangs du parti de l'Ordre. Rallié au président, il devient ministre de la Marine et des Colonies d'avril à octobre 1851. Il approuve le coup d'Etat et est appelé au sein de la Commission consultative.
Hostile à la nationalisation des biens de la famille d'Orléans, il n'en est pas moins candidat officiel dans la deuxième circonscription de Charente-Inférieure lors des élections législatives de 1852. Elu contre le général Montholon, Chasseloup-Laubat siège dans la majorité, mais ne tarde pas à manifester son indépendance. Nommé rapporteur de la commission du budget pour les dépenses, il réclame la baisse des gros traitements, la réduction des sommes consacrées aux travaux publics et à l'armée et se plaint du peu de cas que le gouvernement et le Conseil d'Etat font de l'avis des députés. Il devient donc l'un des chefs des "budgétaires". Combattu par l'administration lors des élections cantonales de l'été, il quitte le conseil général. En 1854, il combat la demande de poursuites contre son ami Montalembert. Tout en désapprouvant le tour autoritaire du régime, il n'en est pas moins partisan de l'Empire. De son côté, le gouvernement comprend vite qu'il peut difficilement se passer d'un homme de sa valeur. C'est donc avec l'appui officiel qu'il conserve son siège au Corps législatif lors des élections de 1857 et qu'il retrouve sa place au conseil général l'année suivante. Il préside même cette assemblée jusqu'à la fin du régime. Nommé ministre de l'Algérie et des Colonies le 24 mars 1859, en remplacement du prince Napoléon, il démissionne alors du Corps législatif. Devenu ministre de la Marine et des Colonies le 24 novembre 1860, il occupe cette fonction jusqu'au 20 janvier 1867 et accomplit une oeuvre considérable : modernisation de la flotte par le développement des navires cuirassés, amélioration du sort des marins, développement économique de l'Algérie, instauration du protectorat sur le Cambodge, achèvement de la conquête de la Cochinchine, ... Il est aussi l'instigateur du Code international des signaux maritimes adopté en 1864. Le ministre est appelé à présider la Société de géographie de Paris à partir de 1864 et reçoit l'année suivante la présidence d'honneur de la Société centrale de sauvetage des naufragés. Nommé au Sénat le 25 mai 1862, il doit quitter provisoirement la Chambre haute pour cause d'incompatibilité lorsqu'il devient ministre présidant le Conseil d'Etat du 17 juillet 1869 au 2 janvier 1870. A ce titre, il joue un rôle considérable dans l'avènement de l'Empire libéral.
Représentant de la Charente-Inférieure en 1871, il siège au centre droit de la nouvelle Assemblée. En tant que ministre, il reste un modèle de compétence, de dévouement, de désintéressement et d'intégrité puisqu'il avait vendu toutes ses actions en entrant au gouvernement, refusant même de toucher son traitement de ministre présidant le Conseil d'Etat. Il est vrai qu'il était très fortuné puisque ses revenus annuels étaient estimés à 300 000 francs en 1870. A son décès, il était grand-croix de la Légion d'honneur et de plusieurs ordres étrangers. Comme son père, il appartenait à la franc-maçonnerie. Il avait été initié en 1829 à la loge de l'Union de Paris, avait atteint le trente-troisième degré en 1846 et siégeait au Suprême Conseil.
Ses frères Just (1800-1847) et Prudent (1802-1863) ont été, pour le premier, diplomate et député sous la monarchie de Juillet et, pour le second, représentant à la Législative sous la deuxième République, général de division et président du comité consultatif d'état-major sous l'Empire. C'est à la mort de ce dernier que Prosper a hérité du titre de marquis. Aucun de ses deux fils, tous deux ingénieurs civils, n'a entrepris de carrière politique.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.


Adolphe Billault

billault2.jpgMinistre de l'Intérieur ; ministre sans portefeuille ; ministre d'Etat.
Né à Vannes (Morbihan) le 12 novembre 1805, mort en son château des Grézillières près de Nantes (Loire-Inférieure) le 13 octobre 1863.

Fils d'un receveur des douanes, Adolphe Billault descend par sa mère d'une famille d'armateurs ruinée par les effets des guerres napoléoniennes. Après avoir étudié à Saint-Pol-de-Léon, il fait son droit à Rennes, est reçu licencié en 1825 puis s'inscrit au barreau de Nantes. Il épouse en août 1830 la fille du président de la Chambre de commerce de Nantes et grand armateur, Bourgault-Ducoudray, après dit-on avoir tenu à ce dernier le discours suivant : "Je suis sans richesse et sans nom ; mais je ne suis pas sans avenir ; dans trois ans, je serai le premier avocat de Nantes ; trois ans après, je serai député ; trois ans encore, et je serai ministre". De fait, il obtient vite de brillants succès et entre au conseil de l'ordre. Saint-Simonien, il fonde la Société industrielle de Nantes et organise des écoles d'apprentissage. Dès 1830, il devient conseiller municipal de Nantes et en 1834, conseiller général de Loire-Inférieure. En 1836, il se présente sans succès aux législatives mais est élu l'année suivante dans trois circonscriptions de la Loire-Inférieure (il opte pour Ancenis). Il est constamment réélu jusqu'à la chute de la monarchie de Juillet. Il siège à gauche, débute par un violent discours contre la corruption électorale, conseille le duc d'Aumale. Dans le gouvernement du 1er mars 1840, il est appelé à remplir la fonction de sous-secrétaire d'Etat de l'Agriculture et du Commerce, conclut un traité de commerce avec la Hollande et reçoit la Légion d'honneur le 19 août 1840. Après la chute du gouvernement, il siège dans l'opposition dynastique. La question du droit de visite dont il est l'un des inventeurs lui fournit matière à de nombreuses attaques. Il s'éloigne pourtant de Thiers, se rapproche du parti ministériel et ne participe pas à la campagne des banquets. Elu à la Constituante par la Loire-Inférieure, il est appelé au sein de la Commission faisant office de Conseil d'Etat. En 1849, il n'est pas élu à la Législative et semble marquer le pas mais il devient vite l'un des habitués de l'Elysée. Il approuve le coup d'Etat du 2 décembre et siège dans la Commission consultative.
En 1852, s'il renonce à se présenter en Bretagne par peur des légitimistes, il est élu au Corps législatif comme candidat officiel dans la deuxième circonscription de l'Ariège. Par un décret du mois de mars, il devient le premier président du Corps législatif. Ancien défenseur du parlementarisme, il se satisfait pourtant dès son discours d'installation de la réduction des libertés parlementaires. C'est lui qui, début décembre, va porter à Saint-Cloud le résultat officiel du plébiscite et salue le premier du titre de "Sire" le nouvel empereur : "notre nation relève avec un orgueilleux amour cette dynastie des Bonaparte, sortie de son sein, et qui ne fut point renversée par des mains françaises". Après avoir été promu officier de la Légion d'honneur le 18 août, il devient commandeur le 8 décembre 1852. Jusqu'en juin 1854, époque à laquelle il quitte le Corps législatif, il se montre fort dévoué au pouvoir exécutif. Fréquemment cassant à l'égard de ses collègues, ceux-ci ne l'apprécient guère. C'est son gendre, Henri Busson, qui lui succède comme député et Morny comme président.
Billault fait alors son entrée au ministère de l'Intérieur et devient sénateur le 4 décembre 1854. En tant que ministre, il s'intéresse à des institutions charitables (orphelinat du Prince impérial, hôpital Sainte-Eugénie, asiles de Vincennes et du Vésinet). Durant son passage au ministère, la surveillance de la presse se fait moins oppressive que sous Maupas et Persigny. Le ministre est promu grand-officier de la Légion d'honneur le 30 décembre 1855. En janvier 1856, il perd son épouse et reporte dès lors son affection sur ses deux filles tout en redoublant d'activité. Il prépare les élections de 1857. Son administration soutient les candidats officiels avec succès (sauf à Paris), et il est nommé grand-croix de la Légion d'honneur, le 15 août 1857. Cependant, l'attentat d'Orsini du 14 janvier 1858 lui fait perdre le ministère. Peu après, il quitte la présidence du conseil général de l'Ariège qu'il occupait depuis 1853. Sa traversée du désert est de courte durée et le 1er novembre 1859 il retrouve l'Intérieur. Signe de son retour en grâce, il se voit offrir en 1860 par l'Empereur, un hôtel particulier d'une valeur de 600 000 francs avec un mobilier de 100 000 francs. Le 24 novembre 1860, Billault devient l'un des trois ministres sans portefeuille. Il est plus particulièrement chargé des Affaires étrangères, de la Marine et des Colonies, de l'Instruction publique et des Cultes. Les grands discours qu'il prononce alors sur les affaires du Mexique et d'Italie, son éloquence, sa capacité à parler sans notes et à placer la politique impériale dans l'histoire nationale en font l'homme du moment et lui donnent une incontestable prééminence sur ses collègues, Magne et Baroche. Cela conduit Napoléon III à supprimer les trois ministères en juin 1863 et à les remplacer par un ministère d'Etat aux compétences élargies qu'il confie naturellement à Billault. Mais, épuisé par le travail, ce dernier meurt le 13 octobre 1863.
L'Empire lui fait des obsèques nationales et Morny affirme qu'avec lui "l'Empire perd son bras gauche". Quant à Mérimée, il écrit dans une lettre du 20 octobre que sa mort "est un coup funeste ; c'était assurément le plus habile et le plus propre à lutter avec courage contre les orateurs de l'opposition. Ce n'était pas un homme d'Etat, mais c'était un instrument merveilleux entre les mains d'un homme d'Etat." Nantes lui élève une statue en 1867. Par contre, une sombre histoire vient ternir sa mémoire. En effet, Billault avait fait enfermer, plusieurs années auparavant, un dénommé Sandon qui le faisait chanter. Cet homme affirmait posséder des lettres dans lesquelles le futur ministre professait des idées anti-bonapartistes. Après la mort de Billault, ses adversaires politiques ne tardent pas à élargir et indemniser Sandon tout en ébruitant l'affaire.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.


Charles-Alphonse Delangle

delangle.jpgMinistre de l'Intérieur le 14 juin 1858, ministre de la Justice le 5 mai 1859.
Né en 1797, mort en 1869.

Les origines de Charles-Alphonse Delangle étaient fort modestes : son père était un tailleur de pierre de Varzy devenu entrepreneur de bâtiment, et avait acquis une honnête aisance. Delangle, élève au lycée de Bourges, licencié en droit en 1819, se lie d'amitié avec Philippe Dupin, de Varzy lui aussi. Il entre au cabinet de Dupin aîné, et plaide en 1822 au procès des quatre sergents de La Rochelle... Quand Dupin est nommé en 1860 procureur général à la Cour de cassation, Philippe Dupin et lui se partagent sa clientèle. Bâtonnier de Paris en 1838, il est nommé avocat général à la Cour de cassation en 1840 ; député de Cosne (avec l'appui du ministère) en 1847, il devient procureur général à la cour d'appel de Paris en 1847 et conseiller d'Etat. Il ne revient aux affaires qu'en janvier 1852 : il remplace Dupin comme procureur général à la Cour de cassation, devient à la fin de 1852 premier président à la Cour de Paris, et sénateur. En juin 1858, il remplace le général Espinasse au ministère de l'Intérieur - il fallait un magistrat pour marquer le retour aux principes juridiques. En mai 1859, il devient ministre de la Justice et n'est remplacé qu'en juin 1863. Vice-président du Conseil d'Etat, il est nommé - pour la deuxième fois - procureur général à la Cour de cassation à la mort de Dupin. Il meurt en décembre 1869. Son rôle comme ministre de l'Intérieur et de la Justice n'est pas facile à apprécier : il n'avait pas une personnalité bien tranchée. C'était un juriste intelligent, conservateur, gallican (il osera repousser une pétition demandant des sanctions contre La Vie de Jésus de Renan), un gros travailleur appliqué à ses devoirs : ce n'était pas un homme d'Etat. Il avait - comme Dupin - fait une belle carrière qui l'avait amené, lui, le fils du tailleur de pierre de Varzy, jusqu'aux plus hauts postes : "Chez lui, tout était peuple, l'origine, les passions et jusqu'au physique", notait un témoin : mais c'était un bel exemple de la méritocratie impériale.

Guy Thuillier in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard, Fayard.


Le duc de Persigny

persigny4.jpgMinistre de l'Intérieur du 22 janvier 1852 au 23 juin 1854, avec le portefeuille de l'Agriculture et du Commerce du 25 janvier 1852 au 23 juin 1853. Ministre de l'Intérieur du 26 novembre 1860 au 23 juin 1863.
Né à Saint-Germain-l'Espinasse (Loire) le 11 janvier 1808, mort à Nice (Alpes-Maritimes) le 12 janvier 1872. (Victor Fialin prit le nom de vicomte de Persigny vers 1832, titre que, selon lui, ses ancêtres avaient autrefois porté. Il fut fait comte en 1852 et duc en 1863.)

Issu d'une famille de petite noblesse d'Ancien régime, Victor Fialin de Persigny abandonna très tôt ses idées légitimistes pour adopter la foi bonapartiste, dont il se fit le propagandiste autant que l'exécuteur : compagnon du futur Napoléon III dans les complots de Strasbourg et de Boulogne - dont il fut l'un des principaux organisateurs - , il fit campagne aux côtés de ce dernier en 1848, et participa ensuite au coup d'Etat du 2 décembre où, avec le colonel Espinasse, il prit le contrôle du palais législatif. Quelques semaines plus tard, en janvier 1852, après la démission de Morny, il accédait au ministère de l'Intérieur. Cette promotion ne devait rien à ses compétences techniques ni à son influence parlementaire : après un début de carrière dans l'armée - dont il fut exclu pour indiscipline - , un passage dans le journalisme et un séjour en prison comme détenu politique, il avait été aide de camp du Prince-président, puis simple député à l'Assemblée législative. Mais il était l'ami personnel du chef de l'Etat, le plus ancien, le plus fidèle et le plus désintéressé de ses soutiens. Son nom avait d'ailleurs déjà été prononcé au moment de la crise ministérielle de janvier 1851, lorsque Louis-Napoléon avait envisagé de constituer un ministère composé exclusivement d'hommes lui étant entièrement dévoués. Durant ce premier passage au gouvernement, il établit les bases du nouveau régime autoritaire : il acheva de préparer les élections, rédigeant avec Baroche et Rouher la nouvelle loi électorale, choisissant les candidats officiels et faisant peser l'Administration en leur faveur ; il publia le décret-loi du 17 février 1852 muselant la presse, notamment par le système de répression administrative des "avertissements" pouvant entraîner la suspension, dont il avait eu l'idée. En outre, à l'insu et contre le sentiment de Louis-Napoléon, il suscita, par des instructions secrètes aux préfets concernés, le mouvement populaire qui se produisit, lors du voyage de ce dernier en province en septembre 1852, en faveur d'un rétablissement de l'Empire : "Je le ferai empereur malgré lui. Je le ferai assourdir de tels cris de "Vive l'Empereur" qu'il lui faudra bien se rendre." Il eut ensuite à organiser le plébiscite de 1852. Il peut donc être considéré comme le principal fondateur de l'Empire.
Audacieux et ambitieux en économie autant qu'en politique intérieure, il appuya les frères Péreire, présidant à la naissance du Crédit mobilier dû à leur initiative, et encouragea une politique d'investissements publics financés par l'emprunt, ce qui le mit en opposition avec les financiers traditionnels. C'est ainsi, en particulier, qu'en matière d'urbanisme, il installa Haussmann à la préfecture de Paris, et qu'il nomma Vaïsse à Lyon. Ayant démissionné du ministère pour raison de santé, il y revint en 1860, après un passage de plusieurs années à l'ambassade de Londres. Il eut cette fois à engager l'évolution libérale du régime. Il y était alors favorable. Par ses circulaires aux préfets des 5 et 7 décembre, il annonça une application plus souple de la loi sur la presse, et fit une ouverture en direction des "hommes honorables et distingués des anciens gouvernements". Mais il n'abandonna pas pour autant son tempérament passionné ni ses habitudes autoritaires face à l'opposition qui relevait la tête. Il s'en prit en 1861 à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, foyer d'opposition légitimiste et catholique à la politique italienne de Napoléon III, et aussi, symétriquement, à la franc-maçonnerie. Lors des élections de 1863, il retira l'appui du gouvernement à 48 députés officiels qui avaient fait la preuve de leur indocilité au cours de la législature, et mit en oeuvre tous les procédés habituels du système autoritaire contre les candidats des diverses oppositions : "Afin que la bonne foi des populations ne puisse être trompée par des habiletés de langage ou des professions de foi équivoque, écrivait-il aux préfets, désignez hautement, comme dans les élections précédentes, les candidats qui inspirent le plus confiance au gouvernement. Que les populations sachent quels sont les amis et les adversaires plus ou moins déguisés de l'Empereur." Les candidats du pouvoir obtinrent la majorité des voix et des sièges, mais les républicains triomphaient à Paris et dans les grandes villes. Persigny fut, un peu injustement, rendu responsable de cet échec relatif, et en particulier de l'élection de Thiers (en l'attaquent trop vigoureusement, il lui avait involontairement permis d'obtenir le soutien des républicains avancés). Son renvoi, déjà envisagé en octobre 1862, fut décidé : "Je le dis avec regret, votre retraite provisoire peut seule ramener le calme dans l'opinion publique" lui écrivit Napoléon III. Sa chute, définitive, était aussi due à l'hostilité de l'Impératrice, qu'il n'aimait pas, et des ministres d'origine orléaniste. Elle marquait la fin d'une époque, la plus glorieuse et la plus prospère du régime.
Sénateur depuis 1852 et membre du conseil privé, il continua à prodiguer au souverain des avis qui furent de moins en moins écoutés, s'opposant à l'influence, démesurée selon lui, prise dans le gouvernement, par l'Impératrice et par le trio Rouher-Baroche-Fould, qu'il accusait de manquer de hauteur de vues : "Ces braves gens ne sont ministres, pour la plupart, qu'à défaut des hommes éminents que la tournure des choses a rejetés dans les partis hostiles" disait-il d'eux et de quelques autres, au début de l'Empire. Et à la fin : "Le Conseil fut ce qu'il était dans toutes les grandes occasions, c'est-à-dire aussi terne, aussi pauvre d'idées et de sentiments élevés qu'il était bruyant et animé lorsqu'il se sentait sur le terrain favori des avocats et des hommes d'affaires." Il vit, en conséquence, avec sympathie, l'ascension d'Emile Ollivier, puis son avènement, qu'il encouragea, sans toutefois se départir de ses préventions profondes contre le système parlementaire ; et il refusa de participer à la vie publique après la chute de l'Empire. Il mourut peu de temps après, sans être sorti de sa disgrâce, désabusé depuis longtemps, amer d'avoir été écarté au profit de bonapartistes du lendemain, simples grands commis de l'Etat, et déçu de n'avoir pas réussi à faire triompher jusqu'au bout sa conception mystique et ambitieuse du bonapartisme.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.


Pierre Magne

magne1.jpgMinistre des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce, des Finances, ministre sans portefeuille.
Né le 3 décembre 1806 à Périgueux (Dordogne), mort le 17 février 1879 au château de Montaigne (Dordogne).

Fils d'un teinturier, Pierre Magne se présenta au baccalauréat ès lettres en 1825, entra chez un notaire, fut employé à la préfecture et, poursuivant parallèlement ses études, obtint une licence en droit en 1830. Avocat au barreau de Périgueux, membre du conseil de préfecture, il fut élu député dans son département natal, en 1843. Il siégea avec la majorité favorable à Guizot et se fit rapidement remarquer par le sérieux avec lequel il remplissait ses fonctions. Il intervint, à la Chambre, notamment comme rapporteur du budget de l'Algérie (il connaissait Bugeaud depuis l'enfance) et y obtint quelques succès. Directeur du contentieux au ministère des Finances en 1846 et 1847, ayant cessé de plaider, il se fit remarquer de Guizot qui, pensant à la relève ministérielle par une nouvelle génération, le nomma sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, chargé de l'Algérie, le 24 novembre 1847. Le chef du gouvernement lui déclara : "Vous avez une grande intelligence des affaires. Vous avez à un très haut degré l'esprit de discussion. Votre parole a sur la Chambre une autorité très rare."
Le lendemain de la révolution de février 1848, il donna sa démission, qui fut acceptée à regret par le nouveau ministre de la Guerre, le 6 mars. Il reprit alors ses activités d'avocat à Périgueux. Rappelé au gouvernement, auprès de Fould, le 10 novembre 1849, comme sous-secrétaire d'Etat aux Finances, il accepta, après avoir hésité en raison de scrupules orléanistes, et il eut pour rôle de défendre la politique financière devant l'Assemblée. Le 9 janvier 1851, il devint ministre des Travaux publics et retrouva son siège de représentant de la Dordogne lors d'une élection partielle, le 10 juillet. Louis-Napoléon Bonaparte, après l'avoir écarté du ministère du 26 octobre, lui rendit son portefeuille le lendemain du coup d'Etat, auquel il fut complètement étranger. Mais Magne démissionna quelques semaines plus tard, le 25 janvier 1852, comme ses collègues issus de l'orléanisme, pour protester contre la nationalisation des biens de la famille d'Orléans. Cependant, il accepta aussitôt le poste de président de la section des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce au Conseil d'Etat. A ce titre, il continua à avoir un rôle important dans la marche des affaires qu'il avait suivies jusque-là. Et, dès le 28 juillet, il retrouva son portefeuille, qui s'élargit à l'Agriculture et au Commerce le 23 juin 1853. Il eut notamment à y accélérer le programme d'équipement ferroviaire de la France.
Egalement sénateur depuis le 31 décembre 1852, il fut nommé ministre des Finances le 3 février 1855. Il y équilibra tous ses budgets, dégageant même des excédents permettant de rembourser une partie de la dette flottante. Le 26 novembre 1860, il devint ministre sans portefeuille, c'est-à-dire qu'il était l'avocat devant les assemblées de la politique gouvernementale ; il avait en charge les dossiers économiques et financiers. Pinard, l'un de ses futurs collègues, écrit dans ses Mémoires à son sujet : "J'aurai défini M. Magne à la tribune et au Conseil en disant que sa parole, toujours nette et sobre, allait lentement, mais sûrement, au but ; elle traduisait admirablement l'équilibre de son esprit : presque toujours, elle portait la conviction chez ceux qui l'écoutaient sans parti pris. On le réputait timoré à raison de sa prudence proverbiale. Pour être plus exact, disons qu'il était par nature l'homme des nuances et de la mesure." L'Impératrice ajoutait, à propos de son éloquence, reconnue par tous les contemporains : "C'est admirable de lucidité et de simplicité. Monsieur Magne a le talent de faire croire aux ignorants qu'ils sont des financiers." Et Persigny : "Il est impossible d'être plus clair, plus précis, plus noble de modération et de politesse." En conflit avec Fould, son successeur aux Finances dont il avait mission de plaider la politique, il démissionna le 30 mars 1863 et fut nommé au Conseil privé. Il dut attendre le 13 novembre 1867, peu après la mort de Fould, pour revenir au gouvernement et reprendre le portefeuille des Finances, qu'il conserva jusqu'à l'avènement d'Emile Ollivier, le 2 janvier 1870. Ce dernier l'aurait volontiers conservé à son poste, mais le centre gauche s'y opposa. Il revint encore deux fois au ministère des Finances, qu'il avait fortement marqué : dans le gouvernement Cousin-Montauban, du 10 août au 4 septembre 1870, et, après avoir été réélu député de la Dordogne en juillet 1871, sous Mac-Mahon et l'Ordre moral, du 25 mai 1873 au 20 juillet 1874. Il fut élu sénateur de son département en 1876.

Francis Choisel in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard, Fayard.


Le duc de Padoue

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Ministre de l'Intérieur du 5 mai au 1er novembre 1859.
Né à Paris le 26 septembre 1814, mort à Paris le 28 mars 1888.

Fils du général, duc d'Empire, pair des Cent-Jours, qui avait aussi été député à l'Assemblée législative, apparenté aux Bonaparte, Ernest Louis Henri Hyacinthe Arrighi de Casanova, duc de Padoue, après des études à l'Ecole polytechnique et un bref séjour dans l'armée, fut nommé préfet de Seine-et-Oise (il l'était notamment lors du 2 décembre), puis au Conseil d'Etat, et succéda à son père au Sénat, en 1853.
Dévoué aux intérêts de l'Eglise, il devint ministre de l'Intérieur à la veille du départ de Napoléon III pour la guerre d'Italie, ce qui rassura les catholiques. Fidèle entre tous à la dynastie, il avait la charge de l'ordre public pendant l'absence momentanée de l'Empereur et la régence provisoire de l'Impératrice ; mais la campagne s'étant révélée victorieuse, il n'eut à faire face à aucun trouble. Le 15 août, il contresigna l'amnistie générale des proscrits, décrétée par Napoléon III, et démissionna pour raison de santé, à peine six mois après sa nomination.
Après la chute de l'Empire, il fut l'un des membres influents du parti bonapartiste, prit la parole en 1874 au nom des 7 000 invités qui étaient venus à Londres pour la majorité du Prince impérial et, après plusieurs insuccès en Seine-et-Oise, fut élu en 1876 député de la Corse. Il siégea au sein du groupe de l'Appel au peuple jusqu'en 1881 et soutint la politique de l'ordre moral.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.


Ernest de Royer

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Ministre de la Justice du 24 janvier au 10 avril 1851 et du 16 novembre 1857 au 4 mai 1859.
Né à Versailles le 29 octobre 1808, mort à Paris le 13 décembre 1877.

Avocat en 1829, entré dans la magistrature en 1832 au titre du ministère public, Ernest de Royer plaida en 1849, comme avocat général, à la haute-cour de Bourges et fut nommé, un an plus tard, procureur général près la cour d'appel de Paris. Ministre de la Justice du 24 janvier au 10 avril 1851, membre de la Commission consultative puis conseiller d'Etat au lendemain du 2 Décembre, il rentra dans la magistrature en 1853, en devenant procureur général près la Cour de cassation. A nouveau ministre de la Justice le 16 novembre 1857, après la mort d'Abbatucci, il eut à prendre la responsabilité de la loi de sûreté générale votée à la suite de l'attentat d'Orsini, en 1858. Il rendit son portefeuille le 4 mai 1859 et fut nommé le lendemain au Sénat, avec le poste de premier vice-président. Premier président de la Cour des comptes en 1863, il était également président du conseil général de la Marne.
Après la chute de l'Empire, il se consacra à sa carrière de magistrat.

Francis Choisel in Le dictionnaire du second Empire, Fayard.


Adolphe de Forcade La Roquette

forcadelaroquette.jpgMinistre des Finances du 26 novembre 1860 au 14 novembre 1861. Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics du 20 janvier 1867 au 17 décembre 1868. Ministre de l'Intérieur du 17 décembre 1868 au 2 janvier 1870.
Né à Paris le 8 avril 1820, mort à Paris le 15 août 1874.

Après des études de droit, Adolphe de Forcade La Roquette, demi-frère du maréchal de Saint-Arnaud, fit carrière au Conseil d'Etat et dans l'Administration. Il était, depuis quelques mois, directeur des douanes et des contributions indirectes lorsque, avec l'appui de Rouher, il fut appelé en 1860 à la succession de Magne.
Il fut écarté de son ministère un an plus tard, lors de la publication du rapport Fould qu'il désapprouva et qui valut à son auteur de prendre la tête des Finances. Il fut alors nommé sénateur. Vice-président du Conseil d'Etat à partir de 1863, il eut alors, à ce titre, à défendre les projets de loi devant les Assemblées, aux côtés de Rouher. Celui-ci le vit avec satisfaction revenir au gouvernement, en 1867, avec le portefeuille de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics. Forcade La Roquette y fut un partisan convaincu du libre-échange et eut à signer plusieurs mesures sociales, telles que la tolérance officielle des syndicats ou l'abolition de l'article 1 781 du code civil privilégiant le témoignage des patrons sur celui des ouvriers devant les prud'hommes. Après le renvoi de Pinard, il passa au ministère de l'Intérieur où, bien qu'il ne fût pas hostile en principe à des réformes libérales (il avait notamment approuvé la nouvelle loi sur la presse), il prépara les élections législatives de 1869 selon la méthode traditionnelle des candidatures officielles ; il remania également à cette occasion le découpage des circonscriptions, et eut de ce fait à faire face au Corps législatif et à de vives attaques de l'opposition lors de la vérification des pouvoirs des nouveaux élus. Il fut maintenu à son poste après le remaniement de juillet 1869, précisément parce que l'Empereur estimait que son renvoi eût été une condamnation indirecte du système des candidatures officielles et l'aveu que les élections n'avaient pas répondu à ses espérances. Emile Ollivier, lorsqu'il composa son ministère en janvier 1870, obtint cependant son éviction. Forcade La Roquette profita alors d'une élection partielle pour entrer au Corps législatif où il devint l'un des chefs du parti autoritaire qui s'opposait à Emile Ollivier.
Exilé quelque temps en Espagne après la chute de l'Empire, il échoua en 1872 à une élection dans la Gironde qui mit fin à sa carrière politique.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.


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23 avril 2011

Le Mans - Tesson

  • Charles. TESSON  
    • Né le 9 octobre 1848 - Rouen
    • Décédé le 13 juin 1918 - Nanterre
  • Actif 1898 à 1933 - Candidat aux élections législatives de 1893.
  • Début Activité : 1884/1888 sur Le Mans
  • Adresse Rouen : 8, rue Croix Verte vers 1898  puis Tesson Photo, 7 ou 8 rue du halage (année 30)
  • Adresse Le Mans : 7 / 5 Ter Rue de la Préfecture 
  • Adresse SEEZ (Orne) : Rue Patin

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10 avril 2011

Nevers - Lachambre

  • Abel LACHAMBRE Officier d' Académie - Nevers
  • Enseigne : Photographie Nivernaise et Photographie de l' Etablissement Thermal (St Honoré)
  • Maison Fondé en 1873
  • Adresse Nevers : 28 Avenue de la Gare de fin 1873 à 1900
  • Adresse Decize : Place du Champ de Foire ou Place des Halles de 1878 à fin 1899
  • Succursales à LA MACHINE années 1880 / Saint Honoré Les Bains vers 1880-90 / LA CHARITE sur Loire à partir 1895
  • Ouverture en Saison à Saint Honoré les bains de Mai à Septembre

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21 août 2023

Armentieres - Dulluard

  • F. DULLUARD - Armentières (Athanase Paul DULLUARD, Naissance à  Tessé-Froulay, Orne)
  • Peintre et Photographe
  • Adresse : 50 Rue des Glatignies à Armentières
  • Autres adresses : Valenciennes vers 1860 / Tourcoing - 9 Rue Notre Dame / 9 Rue Esquermoise à Lille en 1867 (magasin et domicile)

1870 * - 1873 / Bruxelles, Rue d'Assaut, 4
1873 * - 1879 / Bruxelles, Place Sainte Gudule, 3
1881 * - 1890 / Anvers, Rue des Tanneurs, 35(5) à la Philotaxe
1890 * - 1894 Anvers, Rue de la Santé, 5
1894 - 1895 Anvers, Canal au Sucre, 25

Activité (source)

1870 * - 1873 / Bruxelles, Rue d'Assaut, 4
Prédécesseur : Brachmann & Fils # Successeur : Nestler Wilhelm #
Anathase Jacques, ° 25.8.1830. Arrivé à cette adresse de Lille [F] le 18.9.1870. Époux d'Adela Herbaux (° Valenciennes [F], 4.5.1842). Dulluard a affirmé plus tard avoir été opérateur pour Disderi à Paris, mais semble avoir dirigé des studios dans le nord de la France pendant la majeure partie des années 1860. CV signés "Dulluard - Herbeaux" [sic], à Valenciennes [F], Rue de Paris, 54 en 1862 ca; sa fille est née dans cette commune en 1861. Les CV portent la mention "F. Dulluard / peintre et photographe" à Lille [F], Rue Esquermoise, 9 en 1866 ca. Voignier l'enregistre également comme actif à cette adresse dans la seconde moitié des années 1860 ; son fils est né à Lille en 1867. Puis en 1870, juste avant de déménager à Bruxelles, Dulluard - Herbeaux est cotée à Tourcoing [F], Rue Notre Dame dite du Bocquet, 22. Il n'y a pas d'explication claire pour l'initiale "F .
1873 * - 1879 / Bruxelles, Place Sainte Gudule, 3
Prédécesseur : Girault B.-H. Successeur : Libau Alphonse
A cette adresse du 18.4.1873 au 26.5.1879. Les premiers CV à cette adresse indiquaient "A. Dulluard / ex-opérateur pour la firme Disderi de Paris". Il est alors domicilié rue de l'Empereur, 13, mais n'y est plus inscrit en 1880. Parti pour Anvers le 22.11.1881.
1881 * - 1890 / Anvers, Rue des Tanneurs, 35(5) à la Philotaxe
Successeur : Moeller - Van Harneveld(t) Fritz #
Adela Herbaux arrive de Bruxelles à cette adresse en mai 1879 où elle est enregistrée comme photographe. Dulluard ne s'est inscrit ici que le 23.12.1881 lorsqu'il a été enregistré comme dessinateur arrivant de Bruxelles. CV avec signature en fac-similé "F. Dulluard".
1890 * - 1894 Anvers, Rue de la Santé,
Arrivé à cette adresse de la rue des Tanneurs le 12.6.1890.
1894 - 1895 Anvers, Canal au Sucre, 25
Prédécesseur : Jacobs Jules & C° Successeur : Dulluard - Sartini Paul
Dans l'annuaire de 1895, "Dulluard - Sartini". Il s'agit de son fils Paul (voir notice séparée), comme son père domicilié à cette adresse. Puisque le père et le fils vivaient sous le même toit, il est difficile de connaître la date exacte de la succession. Il y avait encore une inscription à cette adresse dans l'annuaire de 1902 sous "Dulluard, A."

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2 janvier 2024

Berck - BERNIOT

  • Edouard BERNIOT à Berck

Né le 7 septembre 1888 à Fussy, 18110, Cher, et Décédé le 16 décembre 1942 - 9 rue chevrière - Bourges, 18000, Cher, à l'âge de 54 ans. Inhumé - cimetière des capucins à Bourges. Marié le 12 novembre 1928 à Berck, avec Marcelle Marie THIULLIER
Imprimeur sur porcelaine - Réside Rue Saint-Georges vers 1920.

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10 avril 2011

Gallot - Paris

  • GALLOT Charles dit CHARLES - Paris
  • Début Activité : 1873 à 1899
  • Adresse : 1 Boulevard Beaumarchais - 19 Rue des Saussaies - 105 Rue de Belleville
  • Succursale : 3 Boulevard Bonne Nouvelle à Paris et à Granville (Manche)
  • Photographe des Gens de Lettres de l' Académie Française et de l' Académiedes Beaux Arts.

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15 janvier 2021

Un chien - Bordeaux

  • Arthur LAIR - Bordeaux
  • Date de début d'activité : 1880

Alexandre Arthur Lair est né le 20 avril 1850 à Caen (Calvados) où son père (musicien ?) était de passage. Orphelin de père et de mère, il est marchand ambulant domicilié à Bordeaux (Gironde) quand il passe devant le conseil de révision. Après son service militaire, il se marie le 10 septembre 1874 à Bordeaux où il est photographe. Arthur Lair a plutôt le profil d’un photographe itinérant. Durant l’été 1880, on le trouve près de Narbonne dans l’Aude. En 1906, il est toujours photographe quand il est recensé à Langon (Gironde). (source Portraits SEPIA)

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15 avril 2021

Lille - Henri Mathé

  • MATHE - Lille - Quartier Saint Maurice
  • Date de début d'activité : 1895

Inscrit dans l'Annuaire Général de la photographie de 1896 à 1899.
Ateliers à Lille : 16 rue Saint-Firmin, 40 rue Nationale, 11 rue de Rivoli.
Atelier à Valenciennes : 3 Place d'Armes
Atelier à Tournai (Belgique) : 33 rue des Puits-l'eau (de 1904 à 1906)

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25 décembre 2020

Louis BLERIOT

  • Sangatte 1909

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 Timbre Poste Aérienne du 25e anniversaire de la traversée de la Manche par Louis Blériot (1872-1936), né à Dehéries, près de Cambrai

Vente générale en septembre 1934
Retiré de la vente le Mercredi 21 novembre 1934
Valeur faciale : 2,25 F
Affranchissement de la Poste-Aérienne
Timbre horizontal - Dentelure : 13
Format image: 36x21,45 mm - Dimensions totales: 40x26 mm
Couleur : lilas
Imprimé en Taille douce rotative à 25 timbres par feuille
Émis à 8 millions d’exemplaires 

 

Traverser la Manche dans les airs : le défi du  « Daily Mail »

À partir de 1906, le « Daily Mail », devient l’un des mécènes de la course à l’innovation pour la conquête des airs. Le quotidien britannique lance des défis avec des récompenses financières à la clé, qui poussent inventeurs et aviateurs à dépasser leurs propres limites et celles de leurs machines. En 1908, le journal propose ainsi 1.000 livres à quiconque réussira à traverser la Manche.

Trois concurrents se trouvent sur la ligne de départ : Hubert Latham et son aéroplane dénommé Antoinette, le comte de Lambert sur biplan Wright et Blériot avec le n° XI. Après l’échec de Hubert Latham, qui tombe à l’eau le 19 juillet 1909, Blériot tente la traversée le 25 juillet, décollant à 4 heures 41 minutes de Sangatte pour gagner la mer. Son moteur Anzani tourne parfaitement et lui permet d’atteindre une altitude de 80 mètres, hauteur qu’il va conserver durant les 40 kilomètres de la traversée.

1 JUILLET 1972 : CENTENAIRE de la NAISSANCE de LOUIS BLERIOT (Cambrai)

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 Premier jour le Samedi 1er juillet 1972 à Cambrai (Nord)

Vente générale le Lundi 3 juillet 1972 et Retiré de la vente le Vendredi 8 décembre 1972
Valeur faciale : 0,50 F et Surtaxe : 0,10 F au profit de la Croix-Rouge française
Timbre vertical - Dentelure : 13
Format image: 21,45x36 mm - Dimensions totales: 26x40 mm
Imprimé en taille douce rotative 3 couleurs à 50 timbres par feuille
Émis à 4,5 millions d´exemplaires et 3,7 millions de séries 

25 Juillet 2009 : CENTENAIRE de la TRAVERSEE - Mon Timbre à Moi de la Poste

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25 Juillet 2009 : CENTENAIRE de la TRAVERSEE - Timbre Officiel de la Poste

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25 Juillet 2009 : CENTENAIRE de la TRAVERSEE - Timbre Officiel du Conseil Général Pas de Calais

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6 janvier 2021

Calais - Terrain Foot du Racing Club

  • marché aux chevaux sur le terrain du RACING CLUB de Calais

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En 1902, la fusion entre le Sporting Club et le Football Club donne naissance au Racing Club de Calais. Adoptant des couleurs noir et or, le surnom de « Canaris » est rapidement adopté.

Le R.C. Calais signe d'excellents parcours lors des premières éditions de la Coupe de France en prenant part aux quarts de finale de l'épreuve 1921, aux huitièmes en 1922 et seizièmes en 1923 en football, 1924, 1925, 1926 et 1930. En 1921, Calais se paie même le luxe de sortir le tenant de la Coupe, le CASG Paris en huitièmes de finale (3-2). Le club rejoint les rangs professionnels en 1933.

Les « as anglais » Malonney et Allison s'illustrent particulièrement. Faute de moyens financiers suffisants, Calais préfère renoncer à son statut professionnel dès 1938. De retour dans la sphère amateur, Calais rejoint la CFA en 1962 à la suite d'un titre de champion de la Division d'Honneur de la Ligue du Nord. Évoluant en CFA durant quatre saisons, Calais enlève son groupe, ratant l'accession en finale nationale à la différence de buts (1965). C'est quasiment le même groupe de joueurs qui, sous la houlette d'Albert Dubreucq, signe ces belles performances en DH puis en CFA. Citons ici Forcioli, Godzek, Duville et Plancque. Dès la saison suivante, les Calaisiens plongent et retrouvent la Division d'Honneur de 1966 à 1969. Champion de la Ligue du Nord en 1969, Calais, sous la direction du président Viniacourt et de l'entraîneur Claude Plancque, rejoint la CFA pour sa dernière édition.

L'Union Sportive est créée au sortir de la guerre en 1947, par la fusion des clubs du Bicoque et de la Nouvelle France. Évoluant au stade Henri Louchez, l'US est entrainée par Robert Noel (Boul) et Théo Clouet. Le club forme à partir des années 1950 de nombreux jeunes et participe à ce titre à la coupe Gambardella avec de bons résultats. Robert Noel emmène l'équipe en division d'honneur (4e niveau national) et en 32e de finale de coupe de France.

La fusion intervient en mai 1974 entre le Racing Club et l'Union Sportive. Les couleurs du Crufc sont l'amalgame de celle des 2 anciens clubs, Calais évolue dans le stade Julien Denis jusqu'en 2008.

Julien Denis, sergent-major au 8e Régiment d’Infanterie; tué à l’ennemi le 15 août 1914, lors de la première bataille sur la Meuse à Dinant (Belgique). Il avait 28 ans. Il a été 2 fois international en 1908, au poste de demi centre. Il jouait au R.C.Calais. L’ancien stade de Calais porte son nom.

30 décembre 2020

FDC Timbre "LE TOUQUET"

  • LE TOUQUET - PARIS PLAGE

Premier jour le Samedi 1er septembre 1962 au Touquet (Pas-de-Calais)
Vente générale le Lundi 3 septembre 1962 et Retiré de la vente le Dimanche 31 décembre 1967 
Valeur faciale : 1,00 F 
Timbre horizontal - Dentelure : 13
Format image: 36x21,45 mm - Dimensions totales: 40x26 mm
Couleurs : bistre vert et bleu
Imprimé en taille douce rotative 3 couleurs à 50 timbres par feuille
Émis à 193 700 000 exemplaires 

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16 avril 2021

HALLENCOURT - Emilien DUPUIS

  • Emilien DUPUIS - Hallencourt (Somme 80)
  • Date de début d'activité : 1893
  • Profession : Tisserand en 1898, photographe en 1911 et 1936

Né le 28 août 1873 - Hallencourt,Somme, et Décédé le 30 mars 1963 à Abbeville, à l'âge de 89 ans

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Portrait fortement inspiré d’un texte paru dans le Courrier Picard en 1960 et de précisions apportées par Edmond Caumont.
Émilien Dupuis est né à Hallencourt en 1873. Fils d’une ouvrière d’usine qui travaillait au tissage à Hallencourt, aîné de six enfants qui étaient ses demi-frères et sœurs, Émilien Dupuis fut envoyé très jeune au travail. Son esprit curieux le faisait s’intéresser à tout autour de lui. À 12 ans, explique-t-il, avec un bon sourire, plus narquois que mélancolique, je manipulais l’alphabet morse comme un véritable télégraphiste. Il faut dire que je me trouvais plus souvent chez Madame Mathon, à la Poste, qu’à l’école et j’aimais ces mécaniques qui étaient des nouveautés à l’époque.
M. Dupuis eut alors la chance de rencontrer un pharmacien qui, constatant son esprit vif et ingénieux, le conseilla et l’aida à apprendre la photographie. Avant 1900, c’était encore l’époque héroïque avec comme précurseurs Niepce, Daguerre ; mais déjà à la place des plaques métalliques, on utilisait des plaques de verre. L’un de ses oncles, carillonneur, lui prêtait exceptionnellement 10F, et il achetait un
appareil photo pour 9,50F, ainsi qu’un livre pour apprendre. Et la grande aventure commença.
Le jeune photographe se construisit une chambre noire en 1893 et avec tout son attirail, commença à prospecter la région. La semaine, il allait à la fabrique et le dimanche se rendait de commune en commune pour prendre des photos de famille, de réjouissances, de fêtes locales.
En 1899, la recette de l’année se montait à 792.25F, et c’était une belle année ! Parallèlement à ses découvertes photographiques, M. Dupuis menait des recherches sur l’histoire locale et archéologique ; ainsi, les jours de pluie, il allait, en des lieux connus de lui seul, ramasser des débris de poterie et des silex taillés. Il possédait aussi une collection de lampes à huiles en argile : des crassets. La passion de connaître, de découvrir ne le quittait plus.
Ajourné une première fois au service militaire, il fut tout de même mobilisé en 1914 au 14ème Territorial à Abbeville, puis affecté au 5ème Génie. Là il se souvient qu’il baladait tout son matériel photographique ainsi qu’un trépied. « Quel succès, au repos, dans les cantonnements, quand je faisais la photo de l’un ou de l’autre ! ».
Marié, en 1898, avec Melle Maillard d’Hallencourt qui lui donna un garçon, Benjamin, mort à 23 ans, noyé dans le Rhin en occupation en Allemagne, le 3 septembre 1930, M. Dupuis avait atteint une certaine notoriété à Hallencourt où l’on s’était habitué à le voir avec son
appareil photo, son trépied, sa caisse en bois, des cadres avec des plaques de verre émulsionnées ainsi qu’une toile de fond roulée sur une tringle en bois. Il y était surnommé ech tireu d’portrait ou encore ech rotili, à cause de ses cheveux et de sa moustache rousse.
Il acquit la première voiture automobile à Hallencourt, il ne sait plus en quelle année, une De Dion Bouton qui n’avait même pas de volant, mais une simple poignée en forme de guidon.
Toujours passionné de mécanique, il avait également tâté de l’électricité, à Saint Quentin en même temps qu’il était organiste. Car dit-il : « j’avais appris la musique tout seul et je m’essayai au pistonalto »
Dans un second mariage, il vécut avec Madame Mantel, parisienne d’origine, dans une petite maison à l’angle entre la rue Saint Louis et la rue Saint Denis (ferme Rayez actuelle). Membre correspondant de la Société d’Émulation depuis 1914 et de la Société des Antiquaires de Picardie , M . Dupuis n’a jamais cessé de s’intéresser à l’histoire locale et il a rassemblé dans de vieux cahiers des petits faits amusants qui évoquent irrésistiblement le temps d’autrefois.

31 décembre 2020

DEVESSET (Ardèche) - Arthur CHAGNIAL

  • Arthur CHAGNIAL - Photographe Amateur à Devesset Ardèche

Année de naissance : 1872 - Commune de naissance : Saint-Etienne (Loire)
Département de résidence : Ardèche - Commune de résidence : Devesset
Bureau de recrutement : Privas 
Degré d'instruction : Sait lire, écrire et compter
Matricule n°2125

Matricule n°2125 - 1892 Archives départementales de l'Ardèche_page-0001

Conscrit de Saint-Jeure-d'Andaure (Ardèche)

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24 octobre 2020

Carte Stéréotype : Cafés Van Zuylen Liège (Belgique)

  • Date : 1905

C'est en 1804 que Bernard van Zuylen ouvre un commerce de cafés et d'autres denrées tropicales. Les affaires marchant bien, en 1827, il s'installe dans une maison patricienne de Féronstrée datant de 1658.

En 1920, la marque « Chat Noir » est créée et la société acquiert d'autres sociétés de torréfaction dont Clé d'Or. La maison fut détruite par un bombardement en 1945 et la société Van Zuylen Frères s'installa provisoirement en Hors-Château jusqu'à l'acquisition en 1953 d'un terrain de l'Exposition de l'eau de 1939 à Liège, non loin de la brasserie Piedbœuf à Jupille où les affaires prirent une grande extension. Elle y produit aussi du café en grains, du café moulu. Elle fut la première société belge à produire du café soluble et, en 1961, à utiliser des emballages sous vide.

En 1971, elle acquiert Hag Belgium. En 1979, suite à des gelées au Brésil la société connait des difficultés financières, entre dans le giron de Jacobs dont le siège est à Zurich et subit une première restructuration. En 1985, les marques Chat Noir et Clé d'Or sont vendues et on produit à Liège d'autres marques du groupe (Jacques Vabre, Grand'Mère et Hag). 1990, Kraft Foods prend le contrôle de Jacobs-Suchard-Côte d'Or. En 2000, on parlera de Kraft Food Belgium1.

On doit le logo de la marque au graphiste français Cassandre (1901-1968) et il existe aussi une affiche célèbre due à l'affichiste belge Julian Key (1930-1999).

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3 avril 2019

Anor - Eugène Kirsch

  • Eugène KIRSCH - Anor
  • Enseigne : Grande Photographie de l' Avenir
  • Photographe des sauveteurs de l aisne et bretons
  • Adresse à chauny : Place de l' hotel de ville 
  • Adresse à Anor : Hotel de la Cloche d' Or
  • Adresse à La Fère : 14 Place de l' Esplanade
  • Adresse à Tergnier : 6 Boulevard Gambette

Eugène Louis Kirsch est né le 27 janvier 1864 à Hirson (Aisne) où son père Henri Kirsch (1825-1885) exerçait le métier de photographe avant d’ouvrir un atelier à Chauny (Aisne) où il sera actif une vingtaine d’années. Après le décès d’Henri Kirsch le 16 janvier 1885, Eugène remplace son père à Chauny et dans les succursales qu’il avait ouvertes à La Fère et à Tergnier (Aisne). Sa présence à Chauny est attestée au moins jusqu’en juin 1891 (décès d’un enfant sans vie). En mars 1893,quand naît sa fille unique, il exerce à Anor (Nord) commune d’où était originaire son épouse. Dans cette commune de 4 600 habitants, sa clientèle devait être restreinte. En octobre 1895, il est placé en liquidation judiciaire. Eugène Kirsch quitte le Nord et s’installe à Chaumont (Haute-Marne) où il est recensé rue de Buxereuilles en 1896. Il ne semble pas qu’il y soit resté longtemps. Renonçant à travailler à son compte, il a sans doute été employé plusieurs années dans les ateliers de la capitale. En 1903 environ, il devient président de la Société de secours mutuels des employés en photographie et parties similaires. Son activité dans le domaine de l’assistance et de la prévoyance sociale sera récompensée par plusieurs décorations. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1919 puis officier en 1925. Le jeune photographe de province a mué en un notable parisien : adjoint au maire du XIe arrondissement ; conseiller du commerce extérieur ; agent général des Etablissements Poulenc Frères...

Eugène Louis Kirsch est décédé en 1943 à Paris (XIe)  Source : Base Leonore - Archives nationales

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3 avril 2019

Fourmies - André Ferez

  • André FEREZ - Fourmies
  • Adresse : 14 Grande Rue
  • Ancienne Maison : MARCUS

André Edmond Férez est né le 1er octobre 1874 à Juvigny (Aisne). Son père, Laurent Léon Férez (1847-?) après avoir été professeur puis comptable, avait ouvert un atelier de photographie à Hirson (Aisne). Il formera son fils. Celui-ci, après s’être marié le 26 octobre 1898, s’installe à Fourmies (Nord) où il succède à Marcus. Mobilisé en 1914, André Férez est fait prisonnier, il ne sera rapatrié en France qu’après l’Armistice

Conscription - Classe 1894, immatriculation 433, régiment de sapeurs pompiers, sapeur de première classe le 30 juillet 1896. Caporal de 2 eme classe le 22 juillet 1896. Caporal de 1 ère classe le 26 avril 1897. Sergent le 11 mai 1898. le 2 août 1914: Mobilisation - Parti aux armées le 16 août 1914. Fait prisonnier â maubeuge le 07 septembre 1914. Lieu de détention â friedrischfeld. Rappatrié armistice, 4 eme régiment d'infanterie 

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13 septembre 2020

Lille - Augustin ELSHOUD

  • Augustin ELSHOUD - Lille Fives
  • Adresse : 166 Rue Pierre Legrand 

Augustin Marie Henri Elshoud est né à Anvers (Belgique) le 27 juillet 1865. A 18 ans, il est orphelin de père et de mère. Dessinateur, il s’installe à Lille (Nord) en 1892 et s’y marie l’année suivante ; il a pour témoin le photographe Louis Delattre. Le couple vivra à Lomme (Nord) puis à Lille où leur fils Edgard naîtra le 3 janvier 1900 au 203ter, avenue de Dunkerque. Bien qu’il soit qualifié de dessinateur sur les actes de naissance de ses enfants, Augustin Elshoud est en réalité employé en tant que premier retoucheur dans les meilleurs ateliers lillois. En 1900, collaborateur du photographe Zarski, il obtient une médaille de bronze à l’Exposition universelle de Paris. Ses compétences lui valent d’être recruté en 1906 par Albin Raillon, photographe à Saint-Omer (Pas-de-Calais). Raillon avait commencé sa carrière comme retoucheur à Paris chez Eugène Pirou. En 1900, associé à son frère, il ouvre un atelier 85, rue Carnot à Saint-Omer qu’il quitte en juin 1905 pour s’installer à Calais. Il confie la gérance de son atelier audomarois à Elshoud qui y opérera jusqu’à l’automne 1911. On suppose que c’est après avoir quitté Saint-Omer, qu’Elshoud a travaillé à son compte à Lille dans un atelier situé 207, avenue de Dunkerque mais on est peu renseigné sur sa carrière de photographe dans le Nord. En mars 1936, quand son fils Raymond, cinéaste à Paris, se marie, Augustin Elshoud est photographe, domicilié à Saint-Amand (Nord).

Source : catalogue de l’exposition "Les photographes à Saint-Omer de 1839 à 1914" bibliothèque de l’agglomération.

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14 août 2020

Bailleul - Hazebrouck (Nord) - Ypres (Belgique) : Antony PERMEKE

  • Léontine et Antony PERMEKE - ses deux fils, Maurice et Robert
  • Dates de lvie : Poperinge, 7,9,1858 - Ostende, 18.6.1923
  • Enseigne : Photographie Industrielle et Artistique
  • Activité : 1850-1899
  • Adresse à Ypres : 11 Rue au Beurre
  • Adresse à Bailleul : Rue d' Occident
  • Adresse à Hazebrouck : Grand Place
  • Successeur: Antony Maurice

Leontine Permeke (tante du peintre Constant Permeke et sœur de l'artiste Henri ) est issue d'un milieu artistique à Poperinge et a été la première femme photographe d'Ypres. En mars 1887, elle s'installe au 7 Rijselstraat où elle ouvre avec son mari Honoré Antony une maroquinerie. Là, le célèbre photographe bruxellois August Despret a ouvert sa succursale. De lui, elle apprendrait le métier de photographe. Elle n'est devenue photographe indépendante que lorsqu'elle a déménagé au 11 Boterstraat.

Au dos de certains CDV, Antony est en minuscules et PERMEKE en majuscules. La famille Antony - Permeke était également domiciliée à cette adresse. Honoré Antony - Permeke a été décrit comme "représentant" d'Auguste Despret à cette adresse (Journal d'Ypres, 11.3.1893), par la suite il a annoncé qu'il avait pris la propriété le 15.4.1897 après la mort de Despret "pour qui il avait voyagé pendant 12 ans". "Etablissement spécial pour les grandes commandes photographiques; copie et agrandissement en carbone ou peinture".  

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21 octobre 2018

Maubeuge - Paul Edouard GARCETTE

  • Paul Edouard GARCETTE - Maubeuge
  • Date de début d'activité : 1898
  • Adresse : 50 Rue de l' Esplanade / 26 Rue de France
  • associé à Werquin

Né le 28 août 1875 à Armentières, Nord et décédé le 25 juin 1934 à Forges-les-Eaux, Seine-Maritime, à l’âge de 58 ans  / Marié le 20 juillet 1896 à Valenciennes avec Eugenie Pauline DISCRET puis ont divorcé ( 6 enfants) , Remarié le 17 août 1928 à Le Havre, Seine-Maritime, avec Irma Pauline Marguerite CROISEY-LENORMAND

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1 novembre 2018

Louviers - Ferdinand Postel

  • Ferdinand POSTEL
  • Date de début d'activité : 1873
  • Enseigne : Atelier Photographique
  • Adresse : 41 rue du Neubourg , puis au 32 rue de l’Hôtel de Ville à Louviers
  • Succursale à Villers Sur Mer 
  • Atelier à Rouen/ Liseux / Bernay
  • Associé à DOESNARD Jules (1826-1911) Peintre et photographe. 13 rue Rollon à Rouen et boulevard de la Chaussée à Lisieux, succursales à Bernay et Honfleur (1872). 57 rue Jeanne-d'Arc. Vers 1873-1874. Expositions à Lisieux (1858), Le Havre (1868), Isigny et Alençon

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Peu d’informations biographiques ayant été retrouvées, la figure de Ferdinand Postel a pu être retracée à travers son parcours professionnel et ses créations artistiques.

Né en 1844 d’une famille bourgeoise de Louviers, il s’initie tôt à l’art de la photographie.
En 1873, à l’âge de 27 ans, il s’associe à Jules-Auguste Doesnard (1826-1911) peintre et photographe qui « enseigna des cours de dessin et de peinture à toute une pléiade d’artistes peintre Félix-Joseph Barrias (1822-1907), frère du sculpteur.

Il fut conservateur du Musée municipal de Lisieux en 1856. Il changea de carrière professionnelle en 1856 et se consacra à sa nouvelle passion : la photographie. On lui doit la création du Musée cantonal de Lisieux, puis quatre ans plus tard celle de l’École de dessin de Lisieux. Doesnard fait figure de photographe aguerri, puisqu’il remporte en 1856 et 1863 divers prix régionaux. Le jeune Postel, dont on peut supposer qu’il a été son élève, s’associe avec lui. Leurs noms sont visibles au dos d’une photographie cartonnée, « Jles DOESNARD & POSTEL / peinture et photographie d’art ».

Plusieurs ateliers sont mentionnés, le premier à Rouen, au 57 rue Jeanne d’Arc, le second à Lisieux, sur le boulevard de la Chaussée. Il y est fait mention de deux succursales, à Honfleur et à Bernay. Par la suite, Postel s’installe dans sa ville natale, Louviers, pour y mener indépendamment son activité. Il aménage successivement un atelier au 41 rue du Neubourg , puis au 32 rue de l’Hôtel de Ville.
Ferdinand Postel se marie avec Claire Rousseau (1866-1911), professeur de piano. Le couple vit à Louviers l’année puis s’installent en 1880 à Villers-sur-Mer à la Villa de Montaut, sur la digue-promenade. Au fond de la parcelle, il installe un nouvel atelier de photographie qu’il met en partie à disposition des amateurs. Henriette Postel, leur fille née en 1896, se mariera à Pierre Fournet, lui aussi photographe.

Postel décède en 1917
pris de profil, constitue le seul document connu à ce jour. On y voit un homme à la coiffure et la barbe soignées. Il s’agit sans doute d’un autoportrait. 

En 1898, les « 50000 adresses du Calvados » recensent un seul photographe à Villers Sur Mer, « F. Postel. Près les bains ». Cet atelier sera installé au sein du jardin de la Villa de Montaut, entre le casino et l’établissement des « bains chauds », où il jouit d’un excellent
emplacement. En effet, la clientèle aisée n’hésite pas à se faire « tirer le portrait » à l’occasion d’une promenade le long de la digue. Un premier atelier est monté , composé d’une baraque en bois équipée d’une façade vitrée. La construction est assez rudimentaire et ressemble aux nombreux cabanons aménagés le long de la mer. Sur un panneau installé en hauteur est peinte l’inscription « PHOTO ».
Afin de mieux répondre à la demande toujours croissante de la clientèle, une extention est construite au devant. Ce petit bâtiment est composé d’une façade étroite et d’un étage mansardé éclairé par trois lucarnes. Nous supposons qu’il s’agit d’un bureau ou d’un espace d’accueil. Son commerce gagne en visibilité ; les trois façades sont recouvertes de nouvelles publicités : « PHOTOGRAPHIE POSTEL, FOURNITURES ET TRAVAUX POUR LES AMATEURS ». Des vitrines sont accrochées au devant, elles présentent aux passants
ses différents travaux. La belle saison terminée, l’affichage est remisé. Le studio sera démoli dans les années 1920-1930 et laissera place à des cabanons de plage.

Source : FAUTEUIL DE POSTEL (A télécharger)

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2 août 2023

Arras - Loir (Opticien)

  • Eugène Julien Achille LOIR - Arras
  • Opticien vers 1855/1878
  • Enseigne : A la Lunette d' Or
  • Adresse : 23 Rue
  • Né le 24 février 1825 - Arras, 62 et Décédé le 27 juin 1904 - Arras, 62, à l'âge de 79 ans

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le Personnage de la CDV : ETIENNE MOREAU (1595–1670)

Nommé par Louis XIII, abbé commanditaire de l’abbaye de saint-Josse, il entreprit sa restauration générale et l’administra pendant 50 ans (1620-1670), nommé évêque d’Arras en 1656, sacré en 1668. Durant cette période, l’abbaye fut repeuplée avec des moines de la congrégation de Saint Maur et il rédigea un cartulaire, conservé aux archives départementales du Pas-de-Calais.

 La dalle funéraire d’Étienne Moreau, se trouve bien en évidence dans le chœur de l’église Saint Nicolas en Cité à Arras, au pied d’un escalier de cinq marches conduisant à l’autel. Cette localisation est logique puisque Saint-Nicolas a été bâti sur le bras droit de l’ancienne cathédrale qui était immense.

Sous son épiscopat de courte durée (1668-1670), Étienne Moreau créa une taxe sur les revenus des abbayes pour financer la création de séminaires (on venait de connaître la Réforme). C’est son successeur Guy de Sève de Rochechouart qui , semble t’il, mena à bien ce projet, si on en croit son épitaphe.

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L' Atelier des photographes du XIX siecle
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