• Joseph. VILLARD - Quimper
  • Adresse : 15 Rue des Gentilhommes - 42 Rue Kéréon / 4 Rue St Francois (1er Etage)

img458 img511

img506 img507

img435

ci dessous cliquez pour decouvrir le recit de la famille VILLARD :

Les_Photographes_Villard


Quimper et les Quimpérois sous l'œil des premiers photographes

Dans les années 1860-1870, la photographie fait son apparition dans la capitale cornouaillaise.

Il semble que le tout premier photographe attesté à Quimper soit le sieur Yves-Marie Levot. D'après les recensements et les listes électorales, il est resté tout au plus deux années à Quimper, de 1864 à 1865. 

En 1865, trois ateliers, au moins, de photographes existent : l'atelier Duclos et celui de Foulquier, tous deux apparentés, et l'atelier Villard.

Les Foulquier-Duclos

Jules Duclos est né au Havre dans les années 1820. Il est marié à Eugénie Foulquier, fille d'Eugène Foulquier. Il s'installe en tant que photographe à Lorient, place Napoléon puis à Quimper au 2ème étage du 38 rue du Quai où il possède son atelier. Il semble que dans les premières années de son installation à Quimper, il ait été essentiellement portraitiste.

Puis on le découvre dans les années 1870, photographe des chemins de fer. Comme d'autres photographes, il a bénéficié des grands travaux publics liés à l'arrivée du chemin de fer et à la construction des phares le long des côtes bretonnes.

A la même époque, son beau-père Eugène Foulquier, ouvre son atelier côté cour au-dessus de la bijouterie Caron, 20 rue du Parc. Le recensement effectué en 1866 nous indique qu'il est âgé de 63 ans, qu'il est veuf et qu'il vit seul. Il est également portraitiste et photographe des chemins de fer. 
En 1871, Auguste Goy le recommande au maire de Quimper pour la restauration et la mise en valeur de la collection de Silguy avant l'ouverture du tout nouveau musée des Beaux-arts : " Mr Foulquier, ancien employé de la célèbre maison Giroux de Paris, possède les aptitudes et offre toutes les garanties nécssaires pour bien organiser un musée puisque ses fonctions dans la maison Giroux consistaient à diriger la restauration des tableaux et à surveiller l'encadrement des dessins et des estampes. De plus Mr Foulquier a [...] mis en ordre et restauré plusieurs galeries de tableaux et [...] remis à neuf les nombreux tableaux de trois églises de Paris".
Il semble qu'Eugène Foulquier exerce la profession de photographe jusqu'à la moitié des années 1870. Puis il s'installe au 38 rue du Quai avec sa fille Eugénie.
De 1878 à 1884, il collabore avec Alfred Beau à la mise en place d'un musée ethnographique dont la pièce maitresse est La sortie de noce bretonne réalisée par leur soin.
Il est indiqué comme rentier sur le recensement de 1881. Il décède à Quimper le 11 septembre 1899 à l'âge de 98 ans. Son acte de décès mentionne qu'il est officier d'académie, sans doute, avait-il aussi exercé la profession d'enseignant.

Les Villard

C'est en 1865 que Joseph Villard, alors âgé de 26 ans, ouvre son atelier de photographieà Quimper, 15 rue des Gentilhommes. Le jeune photographe a l'idée géniale d'éditer des séries de photos sur les costumes et des  paysage bretons à destination des touristes. Il parcourt ainsi la région armé de son appareil et de sa cabine de préparation pour ses plaques. Il est le premier à photographier des sujets cornouaillais et aide par la même occasion considérablement à la diffusion de la culture bretonne. Ainsi, lors de l'exposition universelle de 1867, le costume breton est à l'honneur. On retrouve alors dans le journal de l'exposition des gravures représentant des hommes et femmes en costume traditionnel. Ces gravures signées Gerlier sont directement inspirées des photographies de Joseph Villard.

Vers 1870, Joseph Villard ouvre un second atelier au 42 rue Kéréon. Le recensement de 1881 nous apprend que l'atelier de photographie emploie deux personnes : Hélène Gourmelen et Louis Le Grand. En 1890, son fils Joseph-Marie entre dans l'affaire familiale en tant que photographe et reprend l'atelier à la mort de son père Joseph en 1898. Il s'installe comme photographe-éditeur au 4 rue Saint-François. Tout en continuant l'activité de portraitiste, il se lance dans l'aventure du carton postal. Ses clichés constituent une œuvre remarquable et très riche sur l'histoire de Quimper mais aussi de la Bretagne.

Et autres

A partir des années 1880, de nombreux photographes s'installent à Quimper. En 1881, Faustin Richard, photographe-portraitiste né à Château d'Olonne en 1845, s'installe au 20 rue Astor avec sa femme Marie Richard et Eugénie Le Guirriec, une parente. Il reste à Quimper une dizaine d'années environ.

En 1883, Ollivier Génot, 26 ans, né à Bannalec, ouvre un atelier de photographie 15 boulevard de l'Odet. Il vit avec Jeanne Mathilde Françoise Versailles son épouse. En 1885, sa femme donne naissance à un fils Ollivier Henri Marie. Il exerce jusqu'en 1887, année de son décès à Quimper.

Entre 1890 et 1914, on dénombre huit installations de photographesà Quimper. Parmi eux on peut citer Eugène Verghnet né à Saint-Cléré en 1856, qui arrive probablement à Quimper au début des années 1900. Il habite 32 place Saint-Corentin avec sa femme Esther et leur fille Laurette. Son atelier se situe, quant à lui, rue Kéréon. Ce photographe d'une cinquantaine d'années nous a laissé un magnifique témoignage à travers un reportage photo daté de 1907, sur les courses hippiques qui se déroulent à l'époque sur le champ de bataille.

Victor Allard ou la passion de la photographie

La photographie amateur fait son apparition après 1880 avec la mise sur le marché des plaques de verre au gélatino-bromure d'argent et des appareils plus légers et portatifs facilitant ainsi l'accès à la photographie pour de nombreux amateurs. Les photographies d'amateurs sont, pour la plupart, des images de voyages. Celles de Quimper ont été prises par Victor Allard, un quimpérois et reflètent avec lucidité des tranches de  vie quimpéroise de l'époque.

Victor Allard est né boulevard de l'Odet à Quimper le 21 juin 1879. Son père, prénommé également Victor, est entrepreneur de menuiserie. Entre 1895 et 1901, le jeune Victor, muni de son appareil Mürer de 6 plaques, parcourt Quimper certains jours de marché ou tout simplement pour le plaisir de prendre quelques vues de sa ville natale. Son œuvre est parvenue jusqu'à nous sous la forme de plaque de verre et s'articule autour de deux  thèmes principaux, les marchés de Quimper et plusieurs vues de bâtiments, de rues et de places.

Les vues sur les marchés, très vivantes, nous renseignent sur les différents métiers présents sur les places (rémouleurs, bourreliers, drapiers, marchandes de beurre etc.). Victor Allard ne s'est pas placé en spectateur mais nous fait vivre la scène de l'intérieur, tandis que ses photos de bâtiments et de rues sont des images fixes où l'homme est absent.